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La Flamme Des Souvenirs - Chapitre 18

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Nyal27
Noctali de l'ombre
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Jeu 12 Mai - 18:43
C'est une salle blanche. Trop, blanche. Les murs sont vierges de couleur, le sol carrelé brille faiblement sous la petite lueur de soleil qui pénètre la pièce à travers les volets à moitié fermés. Il n'y a pas de meubles, si ce n'est une table de chevet, une chaise en plastique blanc, et un lit. Ce lit où est couchée une personne. Ses cheveux blonds sont éparpillés autour de sa tête comme une auréole d'ange, sa peau semble pâle comme la mort, ses yeux sont fermés et son unique main visible est maladroitement posée sur sa poitrine. Une couverture blanche recouvre son corps, et une aiguille liée à une perfusion est plantée dans son poignet. La machine émet de petits bruits de temps en temps, mais le silence règne en maître dans cette salle blanche, bien trop blanche.

La porte s'ouvre alors, laissant un court instant les conversation bruyantes venant de l'extérieur imprégner les lieux de leur présence. Un jeune homme, visiblement habitué, s'assoit sur la seule chaise présente. C'est lui qui l'a demandé, pour procurer plus de confort aux visiteurs. L'homme lâche un soupir, et se penche vers le lit, jusqu'à presque s'appuyer sur le matelas avec ses coudes. Il joint ses mains et y appuie son menton. Il observe le visage de la fille, d'un air étrangement tendre, puis demande d'un ton calme :

« Pourquoi ? »


Il lève la tête et laisse son regard dériver sur la couleur uniforme des murs de la chambre, et reprend :

« Ça commence à faire un bout de temps, hein ? Trois mois, à vrai dire. »

Le soleil sort de sa cachette nuageuse et vient éclairer un peu plus la pièce.

« Elle ne dort plus. Lui non plus, c'est vrai. On dirait presque qu'ils ont repris le flambeau. Sauf que le rêve n'est plus le même, tu sais. Ils ne voient pas leur maison d'enfance brûler, eux. Tu sais ce qu'ils voient, eux ? »
, questionne-t-il d'un ton presque lassé. « Oui, tu le sais. Ils te voient toi. Toi, rieuse, souriante. Toi, pleurant, criant de colère. Toi, les yeux fermés pour toujours. »

Il soupire à nouveau.

« Ils ont peur. Surtout lui. Je pense.. qu'il te connaissait plus personnellement. Je ne sais pas, on dirait que quelque chose le liait à toi. Toujours un œil sur toi, toujours présent en cas de besoin. On aurait dit qu'il te.. surveillait. Enfin, tu en sais peut-être plus que moi à ce sujet. »

Le brun se redresse sur sa chaise, s'appuie contre le dossier et perd à nouveau son regard dans le vide.

« Personne n'aurait pu se douter de ce qu'il allait se passer. Personne. Pas même toi, pas vrai ? Même en étant suspicieuse et stressée à l'idée de l'avenir, tu n'aurais pas pu deviner le futur. Et te voilà, maintenant. »

Le bip continuel de la machine vitale continue de meubler discrètement le silence. Le poids des années donnait l'air de peser sur les épaules frêles du jeune homme. Ses traits étaient tirés et des cernes apparaissaient sous ses yeux bleutés. Il se mit à y repenser, à ce qu'il s'était passé. Ce moment où on l'avait retrouvée, au sol, les paupières fermées et la peau pâle. Celui où elle avait rouvert les yeux pour les refermer à nouveau quelques heures plus tard, les laissant à nouveau dans l'inconnu et l'inquiétude..


***


Le temps passe vite, ici.

Je ne saurais déterminer si cela fait deux heures, onze jours ou même plusieurs mois que je suis ici, plongée dans le néant. J'ai l'impression de flotter. De nombreuses étoiles teintées de bleu et de rose pâle m'entourent, comblant le vide béant de l'espace. Je lève mes mains et les observe avec attention. Ce sont toujours les miennes, agiles, avec une peau douce et lisse, comme si je n'avais jamais grandi ni perdu mon cartilage. Mes ongles sont loin d'être parfaits, ils sont rongés d'un peu partout et mériteraient de repousser en paix, sans être continuellement grignotés, mais j'en suis incapable. Je laisse mes mains retomber dans le vide, et je tourne la tête, dans l'espoir de voir quelque chose de nouveau dans cet espace sans fin. Je peux toujours bouger, et j'ai déjà fait quelques pas, mais ça n'y change strictement rien.

Je soupire, et je m'assois en tailleur sur le sol invisible.

La première fois où j'ai atterri ici, je me suis posé mille et une questions. Que faisais-je ici, comment étais-je arrivée là, par quel moyen, de quelle matière était constitué ce plancher transparent, et quel était cette étrange paysage qui m'entourait ? Tant de questions et si peu de réponses.. Par dépit, je m'étais contenté de me balader dans cet infini, voguant à travers de mes pensées et de mes souvenirs. Les émotions sont un concept abstrait dans cet univers. J'ai bien tenté de paniquer un petit peu, mais rien n'y faisait, je restais vide, vide comme une bouteille qui n'a pas de bateau miniature à l'intérieur.

Puis, petit à petit, les souvenirs des plus marquants aux plus futiles me sont revenus à l'esprit. Mes cauchemars, ma demi-sœur, mes amis, mon père adoptif, l'arène, les combats, une paire d'yeux bleus, et les poils noirs de ma compagne.

Je soupire, pour la énième fois.

Quel est mon but ?



***


Il hésite. Ça fait déjà deux heures qu'il est ici, et il sait pertinemment qu'il n'est pas le seul à vouloir venir la voir. Vu le bruit qu'il commence à faire en dehors de la chambre, il se doute qu'il ne doit pas lui rester beaucoup de temps. Il se gratte la nuque. Il est gêné, le médecin lui a avoué qu'il était possible qu'elle entende tout ce qu'on lui disait, mais il se sentait toujours horriblement stupide à parler dans le vent. Il serre sa main froide dans la sienne, puis la repose. Il se relève, car la clameur monte dans le couloir. Il se dirige à pas lents vers la sortie, puis se retourne et dépose son regard triste sur le visage doux et neutre de la patiente.

« Reviens-nous vite. »



***

La porte s'ouvre à nouveau, mais plus doucement, comme si le visiteur craignait de déranger l'occupante. Il s'assoit lui aussi sur la chaise et lâche, toujours sur un ton bas :

« Salut. »

Il se mordille la lèvre inférieure. Des traces de larmes apparaissent encore sur ses pommettes, éclairées par la lueur du soleil. Il semble à deux doigts de craquer, et ses tremblements montrent l'effort qu'il a dû faire pour venir la voir.  Ses yeux se perdent dans le décor, il ne sait pas comment formuler ses pensées. Après quelques minutes où un silence pesant s'est installé, il finit par ouvrir la bouche, résigné, pour prononcer la seule phrase qui résume tout :

« Je suis désolé. »


Au moment où il y repense, il éclate en pleurs.
Encore.
Les perles d'eau roulent sur ses joues, plus ou moins vite, mais atterrissent toutes au même endroit, sur le drap immaculé du lit. Il plonge son visage dans ses mains. Son corps tressaute au rythme effréné de ses émotions.

« J-Je suis tellement désolé ! Si j'étais.. a-arrivé avant.. ça n'aurait jamais eu lieu ! » , sanglote-t-il d'une voix rauque.

Il serre les poings, griffant légèrement son front au passage, et après quelques expirations de colère, appuie sa tête sur le matelas, les bras croisés. Il ferme les yeux, soupire plusieurs fois, et finit par se calmer. Il rouvre ses paupières et pose sa main par-dessus celle de la jeune endormie. Elle est tiède, et le conforte dans sa pensée qu'elle est toujours vivante. Vivante, oui, mais dans quel état ?


***


Je suis toujours assise là, à réfléchir.
Tout est calme. Le silence règne, et une douce température est présente. Il y a quelques secondes (Ou bien étaient-ce des mois ?), cette chaleur agréable a envahi les lieux, prenant place dans mon cœur, comme une couverture. Je ne sais pas d'où elle vient, ni pourquoi est-ce qu'elle est arrivée à ce moment-là.
C'est à ce moment que je prends conscience à quel point on ne sait rien. On a beau travailler toute une vie, avaler des tonnes de bouquins, vivre des tas d'expériences, au final, on ne sait rien. On ne sait rien de la vie qui nous entoure, on ne sait rien de tout ce monde.
A nouveau, je contemple mes mains en silence. Qui suis-je ?
Je suis une humaine. Je peux douter de tout, sauf cela. De ce que j'en sais, j'ai un père, une mère, tous deux décédés dans ce foutu incendie. A quoi ressemblaient-ils ? Je ne m'en souviens même plus. Et ces souvenirs, encore et encore, qui refusent de revenir ! Je pourrai en hurler de rage, si je n'avais pas autant peu de troubler la quiétude reposante des lieux. J'ai beau ne rien connaître de ce qui m'entoure, ici, ça ne m'empêche pas d'apprécier la beauté de cet endroit.

Cependant, très vite, mes questions réapparaissent, dérangeant mes pensées si soigneusement classées. Qui suis-je ? Qui suis-je ? C'est surtout celle-là qui tourne en rond dans ma tête. Je m'appelle Nyal. C'est une bonne chose, de se rappeler de ça. Enfin, je crois. Je ne sais plus. Est-ce que ça a réellement une importance, ici ? Dans ce monde parallèle ? Je soupire. Un goût amer emplit ma bouche, alors que je constate à nouveau que je suis toujours aussi seule dans cet espace infini. Je lève la tête vers les jolies étoiles. Elles sont belles. Belles, certes, mais elles ne répondent pas non plus à toutes ces questions qui trottent dans mes pensées.

J'ai étendu mes jambes. Maintenant, je joue avec mes doigts de pied en les observant bouger. Je ressemble peut-être à une gamine, vue de l'extérieur, mais je m'ennuie tellement que je n'en ai plus vraiment quelque chose à faire. Les seuls habits donc je suis vêtue sont ce long t-shirt vert qui m'atteint mi-cuisses et ce pantalon beige, déchiré et maladroitement coupé pour qu'il n'aille pas plus loin que la moitié de mes mollets. Je ne sais pas comment j'ai atterri ici habillé comme ça, mais je m'en contente. J'efface ce genre de questions de mon esprit, préférant conserver les plus importantes. Après réflexion, j'en conclus qu'il faut que je rentre dans mon monde. J'agite un peu mes orteils, indécise. Que dois-je faire pour me sortir d'ici ?



***


« Monsieur ? »

Il relève la tête, essuie brièvement ses yeux et se tourne vers l'infirmière qui vient d'entrer. Elle a un petit sourire désolé, et continue :

« Monsieur, c'est bientôt la fin des visites. Les patients ont besoin de se reposer, même dans cet.. »

Elle agite un peu la main, gênée, et finit sa phrase :

« … état. »

Il acquiesce silencieusement. Ce n'est pas grave, il reviendra demain. Après tout, ce n'est pas comme si elle allait bouger et s'en aller de l'hôpital, pas vrai ? Un sourire à la fois triste et ironique étire ses lèvres abîmées. Non, elle ne bougera pas. Elle ne se lèvera pas. Tout comme les trois mois avant ça, elle ne se réveillera pas. Il se remet à trembler doucement à cette funeste constatation. Il se lève brusquement, écartant la chaise avec bruit, et tourne les talons vers la sortie, passant devant l'infirmière, qui est toujours gênée de devoir empêcher cet homme de continuer son deuil.
Une fois qu'il est sorti, elle le suit et ferme la porte dans un cliquetis.

Et personne.
Personne, non, vraiment, personne, ne voit cette ombre surgir de l'obscurité de la chambre. Cette ombre qui s'approche du lit, prenant lentement la forme d'un humain. Cette ombre qui place sa main gauche sur le cœur de la patiente.
Cette ombre qui détache sèchement les longs fils et le respirateur artificiel de la machine de la main droite, la faisant émettre un long bip, sans fin..



☼-☼-☼



Petite note attachée avec un bout de ficelle à une lampe noire :

Bonjour bonjour ! Eh oui, toujours vivante, faut croire. Je reviens avec ce qui sera probablement l'avant-dernier chapitre de La Flamme Des Souvenirs ! Mais je parlerai de ce sujet dans le prochain chapitre.
N'hésitez pas, tous les avis sont toujours lus et répondus !
Always and Forever,
Nyal.

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   Va donc jeter un coup d'oeil à mes fictions ici !    




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Floraly
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Ven 13 Mai - 18:29
Hello !
Je suis sur téléphone donc c'est chaud de faire un pavé, mais je t'ai dis que je commentais ce soir, alors me voilà Very Happy

Wow. Quel retournement de situation. Ce qui intéressant avec cette fic', c'est qu'on a vraiment beaucoup de choses différentes, que ce soit le début quand elle s'entraine à l'histoire de l'incendie, au tournois... Tu emènes ton lecteurs dans pleins de choses variée et même si parfois, on est un peu surpris, on ne s'ennuie jamais. Après, je t'avoue que le début de ce chapitre m'a un peu fait douter et je suis allée revoir le précédent pour essayer de comprendre. Sauf que j'ai toujours pas compris, vile manipulatrice ! xD

Pour plus parler du texte en lui-même, j'aime beaucoup les parties de Nyal. Tu crées une atmosphère très calme, posée. Sans parler des réflexions que je trouves personnellement très jolies. Bien joué pour cette partie-là ;D

Après, j'ai un peu du mal avec les visites. Les choses qui sont dites sont intrigantes et ça a attisée ma curiosité, mais j'avais du mal à comprendre quel personnage c'était et même, à comprendre si tu parlais du même ou s'il y en avait plusieurs. Enfin, je pense que tu répondras à ma question dans le chapitre suivant et dernier !

Ça m'a laissée un peu triste d'apprendre que tu écourtais, mais après la dernière discussion Skype qu'on a eu, c'est probablement une bonne chose !

Mets le paquet pour le dernier, je compte sur toi ! ;D
Flo la fidèle

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Nyal27
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Ven 13 Mai - 19:07
Flo-la-toujours-là :

*se frotte les mains* Yaaay ! ;D

J'arrive toujours pas à déterminer si c'est un compliment ou une remarque négative, mais en attendant je vais considérer ça comme une remarque normale :3 Hihi, tu comprendras tout la prochaine fois ! (ou pas, mais je serais très triste de pas réussir à éclaircir ça)

Je suis contente que ça t'ait plus, ça a été les parties que j'ai préféré écrire. Elles sont toutes calmes et c'était très reposant :3

Mh, pour répondre à ta question, c'est effectivement deux personnages différents. Ceci dit, tu comprendras probablement au chapitre suivant o/

Oui, j'ai vraiment envie de tourner la page de la fanfiction pour m'atteler à mes deux projets principaux, mais j'ai prévu autre chose pour remplacer cette fiction, ne t'inquiète pas ;D

Promis, il devrait être deux à trois fois plus long normalement ! :3
Merci Flo' o/

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