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Une année au lycée - Chapitre 3

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Floraly
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Lun 23 Mai - 13:06
Hey !

Me revoilà avec un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Flo'

***************************************************  

Azenet se sentit vaciller encore une fois. Les étoiles noires s’étaient remises à danser devant ses yeux, obscurcissant sa vision et le plaçant dans une inconfortable position de déséquilibre. Il s’arrêta au milieu du couloir désert, en proie à ce vertige soudain, et hésita à se laisser volontairement tomber pour rendre la chute plus douce. Il entendit vaguement qu’on appelait son nom, mais il était bien trop préoccupé par le choix qu’il avait à faire pour y prêter vraiment attention.  Alors que ses jambes commençaient à devenir trop instables, deux bras vinrent l’entourer et l’empêcher de s’effondrer. On le soutint et le porta jusqu’à ce qu’il lui sembla une sorte de banc, sur lequel on l’assit. Il appuya son dos contre quelque chose de froid qui lui fit momentanément du bien, mais malgré tout, il ne parvenait pas à reprendre le dessus. Il voulut se laisser glisser jusqu’au sol pour se coucher et lever ses jambes, afin d’aider son corps à redonner le tour, mais on l’en empêcha. Il grogna en essayant de se dégager, seulement, les maigres forces qui lui restaient ne lui permettaient pas d’atteindre son objectif.
- Faut que je me couche, réussit-il à articuler, à deux doigts de tomber dans les pommes.
Immédiatement, une main se posa dans son dos et on l’aida à s’allonger. Il replia faiblement ses genoux contre lui-même. On le tourna un peu et quelqu’un attrapa ses jambes pour déposer ses pieds à l’endroit où il devait être assis quelques secondes plus tôt. Azenet se concentra pour essayer de respirer le plus profondément possible, ses paupières cachant ses iris marron.

Peu à peu, il réussit à reprendre notion de ce qu’il se passait autour de lui. D’abord il entendit un bruit de fermeture-éclair, et puis il devina la présence de quelqu’un qui s’agitait près de lui. Il aurait bien aimé pouvoir rassurer ce quelqu’un, mais il voulait attendre d’être certain qu’il n’allait pas retomber dans les vapes. Une main froide vint attraper la sienne et lui déplia les doigts avant d’y déposer quelque chose de petit, mais étonnement rugueux. Une poudre grumeleuse lui fila entre les jointures et il ouvrit les yeux pour pouvoir observer le petit objet.
Il découvrit une tête penchée au dessus de lui et faillit sursauter. Deux yeux luisants d’inquiétude le dévisageaient attentivement. Azenet tenta un faible sourire qui se voulait rassurant.
- Ça va ? demanda Aypierre d’une voix un peu éraillée.
Le jeune homme allongé ne l’avait pas remarqué avant, mais il avait les joues rougies et le souffle court, sans doute à cause de l’effort qu’il avait dû faire pour le transporter. Il se sentit un peu coupable et hocha la tête pour répondre à la question. Curieux, il souleva sa main pour voir ce que son meilleur ami y avait déposé. Son sourire devint plus franc lorsqu’il vit un bonbon couvert de sucre se balancer entre son pouce et son indexe.
- Mange-le, ça te remontera peut-être un peu.
Sans attendre, Azenet porta la friandise à ses lèvres et soupira d’aise en sentant le goût légèrement acide du sucre sur sa langue. Il avait clairement besoin d’énergie. Il carburait au café depuis un peu moins d’une semaine, mais en plus de lui rendre les mains tremblantes, ça ne suffisait pas à compenser ses heures de sommeil manquantes.

Aypierre engloutit un bonbon à son tour, adossé contre le rebord de la fenêtre et accoudé aux jambes d’Azenet. Ce dernier prenait peu à peu conscience de son environnement. Il essaya de lire l’heure sur l’une des montres accrochée au mur du bâtiment, mais à l’envers, ce n’était pas chose aisée.  
- Si t’en veux encore, prends.
Son ami lui agita le paquet de sucrerie sous le nez et Azenet se redressa avant d’en piocher quelques uns. Le plastique se froissa sous ses doigts, laissant échapper un long bruit qui résonna dans le couloir vide. Il remarqua le regard insistant de l’autre et s’assit en tailleur avant de soupirer.
- Ça va Pierre, je manque juste un peu de sommeil.
Les épaules de l’interpellé se soulevèrent brièvement et il laissa échapper une sorte de petit rire peu convainquant.
- Moi aussi je manque de sommeil, Aze, mais je viens pas de faire deux malaises en moins de dix minutes.
La remarque fit sourire Azenet. Un sourire entre l’amusement et la gêne.
- Désolé.
Il réfléchit quelques secondes, avant d’ajouter :
- Je vais à l’infirmerie, ils me donneront un truc et ça va passer. C’est juste une petite faiblesse, rien de grave.
Aypierre soupira bruyamment.
- Tu rentres chez toi et tu dors. Ça passera pas autrement, tu sais ?
- Pierre, je me sens bien, c’est bon.
- Mais t’es pas bien ! Aze, t’as passé l’examen de physique, c’est le seul qu’on a aujourd’hui. Pourquoi tu rentres pas pour dormir et pouvoir bosser les exam’s de demain ?
Azenet sentit un frisson lui parcourir l’échine. Sans répondre, il ramena ses jambes contre son torse et les entoura de ses bras. Effectivement, il n’était pas bien. Il avait vraiment besoin de ce sommeil, le problème, c’est qu’il ne résoudrait rien en rentrant chez lui.
- Aze ? demanda la voix douce d’Aypierre.
Il avait posé une main sur son épaule et le secouait gentiment pour le faire sortir de ses pensées. Un peu perdu, Azenet se tourna vers lui. Il n’avait pas de réponse. Enfin, si, il en avait une, mais il n’avait pas vraiment envie d’avoir à l’avouer devant son meilleur ami, qui semblait déjà suffisamment inquiet sans qu’il n’en rajoute.
- Ça va, Pierre. Promis.
- Rentre, répondit l’autre sur un ton autoritaire.
- Tais-toi, murmura Azenet en se laissant basculer sur le côté pour s’appuyer sur l’épaule de son ami.

Aypierre respecta se demande et se tut durant quelques minutes. Azenet se blottit un peu plus contre lui et ferma les yeux. Il se concentrait pour ne pas s’endormir. Pourquoi est-ce qu’il lui était impossible de trouver le sommeil, allongé dans son lit, alors que dans n’importe quel autre endroit, à peine il fermait les yeux qu’il se sentait partir ?
Il eut l’impression de perdre la notion du temps et il finit par briser lui-même le silence, d’une voix fatiguée :
- Tu devrais retourner en cours.
Un léger rire lui répondit.
- Je suis plus à ça près, t’inquiète. Et puis, pour une fois, j’ai une bonne excuse.
Une vague de souvenir remonta à la mémoire d’Azenet et il sentit sa migraine s’intensifier un peu plus, lui rappelant qu’il avait toujours mal au crâne. Il finit par dire les mots qui lui chatouillaient les lèvres :
- Nems et Bboy étaient pas là ce matin.
- Non.
- T’étais pas avec eux ?
- Non.
Azenet ouvrit la bouche pour continuer ses questions, mais Aypierre lui passa un bras autour des épaules et l’attira un peu plus à lui.
- Hey, on s’en fout d’eux. Je te ramène chez toi et je pars pas avant que tu roupilles comme un bébé.
- Ça servira à rien Pierre, souffla Azenet, un peu agacé.
- Pourquoi ? Aze, si c’est à propos de ta mère, je...
- Non, le coupa-t-il, c’est pas elle. (Il hésita quelques secondes, avant d’avouer: ) J’arrive pas à dormir chez moi. Je sais pas si c’est parce que je bosse trop, ou que je m’inquiète trop, ou...
Il coupa sa phrase en plein milieu, retenant le flot de paroles qui allait sortir s’il ne se contrôlait pas. Il s’en voulut d’en avoir déjà trop dit, et avant qu’Aypierre n’ait eu le temps de répliquer quoi que ce soit, il se rattrapa :
- Je vais dormir à l’infirmerie. Ils me réveilleront à midi et on rentre ensemble, ça te va ?

Aypierre ne répondit rien, d’abord, comme s’il réfléchissait à une autre solution. Azenet cachait son embarras sous un petit air nerveux et agacé, qu’il laissait entrevoir à l’autre par le tapotement frénétique de ses doigts sur le sol. Il ne voulait pas qu’Aypierre lui trouve autre chose, il n’aurait même pas dû être là. Finalement, il aurait plutôt dû demander à Zerator de l’accompagner à l’infirmerie après son premier malaise : le second délégué de classe l’aurait certainement juste déposé à l’infirmerie, puis laissé tranquille.
Il fut tiré de ses réflexions par un tintement métallique. Aypierre avait remué sans qu’il ne s’en rende compte et il lui déposa un trousseau de clef sur le sommet d’un genou.
- Va chez moi. Y a personne, et mon lit est plus confortable que celui de l’infirmerie. Et comme ça t’auras pas besoin de te réveiller à midi...
- Pierre, ma mère...
- C’est pas les voisines qui préparent les repas de midi ?
- Si, mais elle va s’inquiéter, et...
- Tu lui laisses un message.
Azenet ne répondit rien. Il prit la clef entre ses doigts et fut surpris de sentir le métal aussi tiède. Il détailla le petit monstre vert cubique accroché en porte-clef en souriant légèrement. Après une brève réflexion, il se tourna vers son ami.
- Réveille-moi à midi.
Aypierre afficha une mine victorieuse, avant de se détacher lentement de lui et de se lever. Il lui tendit la main et répondit :
- Je peux pas te le promettre.
Azenet ne releva pas. Il saisit la main de son ami et le laissa le tirer pour se remettre sur ses pieds. Il fut pris d’un léger vertige, mais nettement prononcé que les fois précédentes. Il fit quelques pas pour tester sous le regard attentif d’Aypierre.
- Ça va aller pour aller jusque chez moi ? demanda ce dernier.
- Si tu me passes encore un bonbon, ça devrait aller.
Aypierre lui tendit le paquet avec un sourire amusé.
- Je te prends tes affaires quand je rentre.
En disant ça, il ramassa le sac à dos qui traînait sur le sol. Azenet ne répliqua pas. Il en avait assez de devoir céder à toutes ses demandes, alors il n’essayait même plus de le contredire. Il était trop fatigué pour ça. Aypierre l’accompagna jusqu’à l’entrée principale et le prit rapidement dans ses bras pour lui dire aurevoir. Azenet profita de ce dernier moment de chaleur avant de s’engouffrer dans le monde extérieur, refroidi par l’absence du soleil.

**

Azenet peina à insérer la clef dans la serrure. Ses doigts tremblaient tellement (sans qu’il ne sache si c’était à cause du froid ou du café) qu’il dut s’y remettre à quatre fois pour réussir. Sans un bruit, il entra puis retira ses chaussures. L’air était délicieusement parfumé, une odeur légère et fruitée. La chaleur ambiante ne suffit pas à le réchauffer et il se hâta de se diriger vers la chambre de son meilleur ami, à l’étage. Alors qu’il posait son pied sur la première marche de l’escalier, il entendit un léger bruit, provenant de la cuisine. Il arrêta de bouger, son attention toute entière projetée vers la salle à manger. Des bruits de pas, de tiroirs qui s’ouvrent… Il hésita quelques secondes et ramena son pied sur le sol du rez-de-chaussée.
- Y a quelqu’un ? demanda-t-il d’une voix forte mais qu’il eut la surprise d’entendre tremblante.
Son pouls s’était accéléré et sa fatigue semblait s’être dissipée. Les bruits dans la cuisine ayant cessé, il crut qu’il avait rêvé. Ce fut probablement la cause du sursaut qu’il fit en entendant tout à coup le claquement d’une paire de chaussures sur le sol, venant dans sa direction. La porte de la cuisine s’ouvrit et deux yeux d’un bleu profond rencontrèrent ceux légèrement paniqués d’Azenet.

- Azenet ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
La voix était basse, un peu accusatrice, mais pas menaçante. Son interlocutrice le dévisageait intensément. À cours de mots l’interpellé ne trouva que la solution de brandir la clef qu’on lui avait remise, comme si cela pouvait suffire à justifier sa présence.
- Pierre m’a prêté ses clefs…
Sa réponse ne dut pas être convaincante, car il n’obtint qu’un froncement de sourcil en retour.
- Je vois ça, mais pourquoi ? demanda-t-elle sur un ton inquisiteur.
- J’ai fait un malaise en classe et Pierre m’a dit que je pouvais venir dormir ici puisqu’il n’y avait personne, débita Azenet d’une traite.
Il reprit son souffle avant d’ajouter :
- Mais il a du se tromper. Je vais rentrer chez moi, je veux pas déranger.
Il lui tendit les clef et attendit quelques secondes pour qu’elle les prenne. Elle ne se pressa pas. Elle saisit l’objet et Azenet se tourna vivement pour repartir.
- Attends, le rapella-t-elle rapidement. Tu peux rester. J’imagine que mon fils avait une bonne raison de te laisser ses clefs, même si j’aurais apprécié qu’il me prévienne.
- Vous êtes sûre ? Je ne voudrais pas…
Il s’interrompit en voyant un léger sourire se dessiner sur les lèvres de la mère de son meilleur ami.
- Aucun problème, Azenet. Tu as dit que tu avais fait un malaise ? C’est vrai que maintenant que tu en parles, tu me parais un peu pâle. Est-ce que tu veux un thé ?
Elle avait adopté un ton doux. Son regard s’était fait inquiet et ses lèvres étaient pincées en une petite moue contrariée. Azenet se sentit étrangement soulagé. Ses épaules se décontractèrent et ses yeux se mirent à brûler un peu, comme pour lui rappeler qu’il était fatigué. Il secoua la tête poliment et répondit:
- Je crois que j’ai juste besoin de dormir.
Il se sentait un peu gêné et remarqua avec surprise qu’il avait décidé de mettre des chaussettes noires le matin-même. Son regard se reporta ensuite sur la femme toujours devant lui. Elle lui fit signe de la suivre et se mit à monter les marches.

Arrivés à l’étage, elle s’engouffra dans la chambre.
- Évidemment, il n’a pas fait son lit, soupira-t-elle en s’activant à le faire.
Azenet resta dans l’entrée de la pièce, curieux. L’endroit avait changé depuis la dernière fois qu’il y était venu. La disposition des meubles n’était plus la même et quelques posters semblaient avoir disparu. La mère de son ami ne manqua pas de remarquer l’attention particulière avec laquelle il observait la pièce.
- Ça fait longtemps que tu n’es pas revenu à la maison. En fait, Aypierre n’amène plus grand monde depuis que Nyal a accueilli Nems avec le tuyau d’arrosage. Je crois qu’elle ne l’aime pas beaucoup.
L'anecdote fit rire Azenet. La petite sœur d’Aypierre avait tendance à beaucoup aimer s'immiscer dans les affaires de son grand frère, pour le meilleur ou pour le pire. Elle avait toujours apprécié Azenet parce qu’il était un des rare amis d’Aypierre à venir la saluer dans sa chambre à chaque visite. Et puis, il avait bien plus de patience que son frère lorsqu’il s’agissait de lui expliquer les exercices de maths qu’elle ne parvenait pas à comprendre.
La mère d’Aypierre avait terminé de faire le lit. Elle se tourna vers l’invité et sembla perdue dans ses pensées quelques secondes, avant de demander:
- Tu veux une couverture, un training, quelque chose à manger … ?
- Non, merci. C’est déjà gentil de me laisser rester.
Elle s’approcha de lui et prit sa main dans la sienne brièvement.
- Je vais te chercher une couverture, décida-t-elle avant de partir rapidement, installe-toi déjà.
Azenet soupira et porta une de ses mains glacées à son front brûlant, tout en avançant vers le lit. Il s’assit sur le couvre-lit, un peu réticent à écraser le travail de la mère d’Aypierre, puis finit par s’allonger, épuisé. Il ferma les yeux et sentit à peine qu’on le recouvrait d’un duvet qui embaumait le produit de lessive.
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis en bas, d’accord ? dit cette voix qu’Azenet commençait vraiment à trouver apaisante.
- Merci, murmura-t-il alors qu’elle arrangeait la couverture sur lui.
- C’est rien.
Il l’entendit encore fermer les volets et déplacer quelques objets avant qu’elle ne quitte la pièce en refermant la porte silencieusement derrière elle.

Azenet pensait qu’il mettrait du temps à trouver le sommeil, après tout, il n’avait jamais été le genre de personne à pouvoir s’endormir n’importe quand et n’importe où, c’était même plutôt le contraire.
Pourtant, bercé d’un étrange sentiment de sécurité et de calme, son esprit ne tarda pas à rejoindre le monde des rêves.
Il persistait tout de même en lui cette impression cruelle qui lui laissait un léger creux au niveau de la poitrine.
Sa mère lui manquait.

***************************************************  

Aypierre réajusta la sangle de son sac sur son épaule en pestant. Elle n’arrêtait pas de glisser, sans doute à cause de son empressement, mais il ne voulait pas ralentir pour autant. Il aurait préféré rentrer immédiatement à la fin des cours, sauf qu’il s’était fait intercepter par Zerator qui lui avait demandé des nouvelles d’Azenet. Aypierre s’était souvenu que normalement c’était son ami qui l’aidait à réviser pour les examens de mathématiques et comme ils allaient justement en avoir un le lendemain, il avait demandé à Zerator s’il avait besoin d’explications. Forcé de constater que oui, il avait accepté de rester avec son camarade pour tout revoir rapidement, ce qui n’avait pas été chose aisée. Aypierre était pressé de rentrer pour voir Azenet et Zerator était stressé puisqu’il devait se rendre à sa dernière répétition avant le concert de Noël directement après leurs révisions. Le ton était un peu monté par moment, mais dans l’ensemble Aypierre pensait s’en être plutôt bien sorti, compte tenu du nombre de cours manqués.
Et maintenant, il courait presque jusque chez lui pour revoir son meilleur ami. A vrai dire, il ne se réjouissait pas tant que ça, parce qu’il savait que sa mère risquait de lui passer un savon. Il avait eu le droit à un petit avant-goût au déjeuner, mais il avait vite fait de l’esquiver en repartant en cours. Cette fois-ci, il n’aurait pas d’échappatoire, il allait devoir trouver de bons arguments, et vite.

Il entra dans la maison et claqua la porte derrière lui. Pas par mauvaise humeur, mais sa maison était tellement grande que c’était la nouvelle façon qu’il avait trouvé pour signifier à tous les occupants qu’il était rentré. Il retira ses chaussures et les rangea à côté de celles d’Azenet, puis s’élança vers les escaliers pour voir si son ami dormait toujours, mais sa mère l’appela à mi-chemin et il s’obligea à faire demi-tour, un peu penaud. Il la rejoignit dans la cuisine en traînant des pieds, saluant au passage Nyal qui faisait ses devoirs sur la table à manger.
- Oui ‘man ?
Il tira une chaise et s’y assit, se doutant que la conversation risquait de durer.
- J’aimerais bien en parler maintenant, parce que je me doute qu’après tu vas être très occupé pendant toute la soirée, pour je ne sais quelle raison. Je peux savoir pourquoi Azenet ne pouvait pas rentrer chez lui ?
Aypierre se mit à se triturer nerveusement les doigts en essayant de faire de l’ordre dans ses pensées. Comment tout expliquer à sa mère ? Surtout qu’il n’était pas certain lui-même de tout ce qu’il pouvait se passer dans la vie d’Azenet. Il lui raconta donc les événements du matin en mentionnant la maladie de la mère de son meilleur ami. Il n’en avait jamais parlé à personne, c’était assez étrange d’aborder le sujet, surtout avec sa famille. Il savait que Nyal avait perdu toute concentration sur ses devoirs depuis qu’il avait commencé son récit. Lorsqu’il eut terminé, sa mère ne dit rien, pensive. Elle finit par hocher la tête, avant de dire, d’une voix ferme mais douce :
- Je comprends. Tu sais que s’il y a quoi que ce soit qu’on puisse faire pour l’aider, il n’y a aucun problème, mon loup. Mais j’aimerais que tu m’en parles d’abord. Je n’aime pas que tu donnes tes clefs comme ça, sans prévenir. Pour Azenet, ça passe encore, mais si ça avait été ton copain Nems, j’aurais vraiment aimé être prévenue.
Aypierre ne put s’empêcher de grogner. On entrait sur un terrain glissant. Il détestait ce sujet de conversation, généralement, elles finissaient en débat de sourds. Il décida de prendre sur lui et, sans approuver ce que sa mère venait de dire, il se releva pour partir.
- Est-ce qu’il s’est réveillé une fois depuis ce matin ? demanda-t-il rapidement avant de sortir de la pièce.
- Non, pas que je sache.
- D’accord. Merci.

Il gravit les marches des escaliers et se dirigea droit vers sa chambre. Il abaissa la poignée le plus silencieusement possible et maudit les gonds de la porte qui grincèrent lorsqu’il la poussa. Il se glissa à l’intérieur et ferma derrière lui. Les bruits de sa mère dans sa cuisine furent immédiatement assourdis et seul un bruissement de vent léger semblait pouvoir pénétrer la bulle paisible qu’était devenue sa chambre. Ses posters se décollaient légèrement du mur en fonction des courants d’air et Aypierre frissonna doucement. Azenet dormait sur son lit, blotti sous un duvet au drap bleu clair que sa mère utilisait pour les invités. Sa respiration était calme à en juger par les mouvements continus de ses épaules. Il s’était servi d’une main comme coussin et sa joue s’y appuyait, accentuant ses traits enfantins. Son front était caché par son éternelle mèche châtain qui barrait presque totalement ses yeux clos. Ses cernes étaient toujours présents mais beaucoup moins marqués. Azenet avait toujours eu une carrure fine, assez fragile, mais là il était à la limite du squelettique, à tel point qu’Aypierre se mit à se demander à quel point il négligeait son alimentation, en même temps que tout le reste. Un léger frisson parcourut la peau nue de ses bras et Aypierre s’avança pour fermer la fenêtre ouverte en imposte, avant de venir s’accroupir devant son lit. Il  fixa le visage paisible d’Azenet, sans trop savoir quoi faire ou plutôt, sans trop savoir comment s’y prendre. Au moment où il se décidait enfin à le secouer un peu, les yeux marron de son ami s’ouvrirent et Aypierre fut soulagé en voyant un léger sourire se dessiner sur ses lèvres.
- Salut... murmura l’émergent avec une voix encore enrouée.
Il referma les yeux, comme trop fatigué pour les garder ouverts.
- Bonsoir, répondit prudemment Aypierre.
Il avait espéré que son ami ne comprenne pas immédiatement l’information implicite, mais malheureusement, ce ne fut pas le cas.
- Soir ? demanda Azenet sur un ton surpris, presque effrayé.
-Tu dormais bien à midi alors j’ai envoyé un message à ta mère pour dire que tu venais manger chez moi.
- Il est quelle heure ?
- Un peu plus que six heure.
Azenet se redressa brusquement, paniqué. Il semblait soudain parfaitement éveillé, les yeux perdus dans le vide, comme s’il réfléchissait à toute allure. Inquiet, Aypierre se releva et voulut le forcer à se recoucher encore, au moins pour quelques minutes, mais son ami se mit à se débattre.
- Non, Pierre. Il faut que je rentre ! J’ai encore les courses à faire pour le dîner. Et on a l’exam’ de math demain. Merde, j’ai promis à Zerator que je l’aiderais. Il t’a dit quelque chose ? Merde. Merde. Merde !

Aypierre ne s’attendait pas vraiment à cette réaction. Azenet semblait avoir du mal à respirer tout à coup, comme si un objet d’une lourdeur incomparable venait de se poser sur ses épaules. Ces dernières se soulevaient difficilement à un rythme irrégulier. Démuni, Aypierre s’assit à côté de son meilleur ami et le prit dans ses bras pour tenter de le calmer. Il ne disait plus rien, mais il le sentait trembler contre lui.
- J’ai répondu aux question de Zera, c’est bon. Pour l’exam’ de maths, t’inquiète pas, je pense que même si tu révises pas tu auras au moins quatorze... Et puis même, si c’est juste une fois, c’est pas grave, hein ?
Il avait essayé de prendre une voix la plus calme possible et lui caressait le dos avec sa main pour l’apaiser.
- Quatorze c’est pas assez, gémit Azenet d’une voix éraillée, je peux pas me le permettre...
- Qu’est-ce que tu racontes Aze ?
Il n’obtint pas de réponse et pressa son ami un peu plus contre lui. Il le sentit se relâcher quelques secondes avant de se crisper à nouveau.
- Je dois vraiment rentrer Pierre. Ma mère m’attend.
Il fit mine de se dégager et Aypierre n’opposa pas de résistance. Il remarqua les yeux rougis de son ami ainsi que les traces de larmes sur ses joues. Alors qu’il voulait partir, Aypierre lui attrapa les avant-bras et l’en empêcha.
- Aze, pour le repas de ce soir, on va s’arranger, d’accord ? Ma mère peut sûrement te donner un truc à réchauffer, y a pas de problème.
Azenet acquiesça en essayant de reprendre son souffle. Ses épaule s’affaissèrent et il resta immobile, les yeux pleins de larmes qu’il empêchait sûrement de couler. Aypierre lui fit signe de s’approcher et son ami ne se fit pas prier pour revenir se blottir dans ses bras. Il essayait de les cacher mais Aypierre sentait ses sanglots contre son épaule. Il n’avait jamais été très doué pour gérer ce genre de situation et voir Azenet dans un état pareil le rendait légèrement nauséeux. Il avait l’impression qu’on resserrait ses côtes pour compresser ses poumons.

Il finit par repousser Azenet doucement. Ce dernier se laissa faire et plongea son regard humide dans le sien avec un petit air coupable et désolé. Aypierre lui sourit gentiment pour essayer de le rassurer.
- Je vais discuter avec ma mère. Tu peux m’attendre là si tu veux.
Azenet s’essuya les yeux avec la manche de sa veste qu’il avait refusé d’enlever pour dormir. Il hocha la tête et Aypierre lui effleura l’épaule pour lui donner du courage avant de quitter la pièce.

Il dévala les escaliers à toute vitesse. Arrivé dans la cuisine, il ignora le regard interrogateur de sa petite sœur et se jeta dans les bras de sa mère qui l’étreint chaleureusement, un peu surprise et inquiète.
- Mon loup ... ?
Aypierre avait la furieuse envie de fondre en larme mais il se retint en se mordant la lèvre. Il se sépara de sa mère à regret et recula d’un pas.
- Aze a rien pour faire à manger ce soir. On n’a pas quelque chose qu’on pourrait lui donner ?
Sa mère sembla réfléchir quelques secondes et lui fit signe de patienter tandis qu’elle ouvrait une armoire.
- Il va mieux ?
Aypierre sursauta avant de se tourner vers Nyal, le stylo au bord des lèvres, qui le fixait avec attention. Il haussa les épaules en essayant de rester le plus calme possible.
- La fatigue oui, mais le reste, pas vraiment.
Sa sœur lui lança un regard désolé qu’il ignora. Il s’approcha d’elle et regarda les feuilles qu’elle avait étalées devant elle. Il essaya distraitement de comprendre de quoi il était question jusqu’à ce que sa mère ne revienne vers lui.
- J’ai quelques pâtes, du maïs en boite... Mais si tu veux, j’ai une autre proposition...

**

Le moteur de la voiture se coupa et Aypierre dut faire des acrobaties pour détacher sa ceinture sans faire tomber le précieux paquet en équilibre sur ses genoux. Il réussit à s’extirper du véhicule avec l’aide d’Azenet qui vint à son secours. Il le remercia avant de se tourner vers l’immeuble qui se dressait devant eux.
- Ça fait longtemps que je ne suis pas revenue, remarqua la mère d’Aypierre en rangeant ses clefs dans son sac à main.
Aypierre hocha la tête et ils se dirigèrent tous les trois vers l’entrée. Avant qu’il ne parte, sa mère avait distribué le repas qu’elle avait cuisiné entre différentes boites, laissant une portion pour Nyal. La jeune fille n’avait pas vraiment aimé être mise à l’écart, mais Aypierre avait refusé qu’elle vienne et leur mère était d’accord. Déjà qu’elle s’invitait elle-même et son fils chez Azenet, elle n’allait pas encore amener toute sa famille.

Azenet fit tourner la clef dans la serrure de son appartement et poussa la porte d’entrée. Il se tourna vers Aypierre.
- Hm, tu connais l’endroit, hein. Faites comme chez vous...
Il attendit un bref signe de tête d’Aypierre en réponse avant de se diriger vers le salon. Sa mère dormait sur le canapé, un verre d’eau posé sur la table près d’elle. Comme toujours, elle semblait atrocement pâle. Il avait peur qu’elle réagisse mal à la présence d’invités chez eux. Elle avait beaucoup de saut d’humeur, surtout ces derniers temps. Il posa un genou sur le canapé et se pencha au dessus d’elle.
- Hey, maman ? appela-t-il.
Il posa sa main sur son épaule et la secoua un peu. Elle ouvrit lentement ses deux yeux marron aux pupilles cerclées de verts dont il n’avait pas hérité. Il lui sourit et prit un air enjoué.
- On a des invités. Mais tu peux rester couchée, si tu veux. Ils nous amènent à manger.
- C’est vrai ? demanda-t-elle avec un air doux qui soulagea son fils.
- Oui. Aypierre et sa mère.
Il déposa un léger baiser sur sa joue avant de se relever sans détacher son regard d’elle.
- Tu mets la table à la cuisine ? Pour quatre ?
- Tu veux te lever ?
- J’aimerais bien.
- D’accord, ‘man. Prends ton temps, ok ?
- Allez, va les aider.
Azenet sourit franchement. Elle avait toujours cet air fragile mais elle semblait vraiment avoir envie de bouger, pour une fois.

Il la laissa et se dirigea vers la cuisine dans laquelle Aypierre et sa mère s’activaient. Azenet leur demanda s’ils avaient besoin d’aide en commençant à mettre la table. Ils refusèrent et le jeune homme s’amusa de voir son meilleur ami se faire réprimander par sa mère parce qu’il avait choisi une casserole trop grande pour réchauffer la sauce. L’ambiance était vive et joyeuse. Azenet pensait que c’était impossible. Pour lui, cet appartement était devenu un endroit silencieux, calme, à tel point que certains voisins avaient paru surpris un jour en le croisant parce qu’ils pensaient qu’ils avaient déménagés. Sa mère ne sortait plus que pour ses rendez-vous médicaux.
Elle entra d’ailleurs dans la pièce, vêtue de l’un de ses pyjamas habituels. Elle arborait un joli sourire qui fit oublier tout le reste de son apparence physique déplorable à Azenet. Elle salua la joyeuse équipe qui travaillait en cuisine et se laissa tomber sur une chaise après s’être excusée de ne pas pouvoir les aider.
Le repas fut prêt en un rien de temps. La mère d’Aypierre était plutôt douée lorsqu’il s’agissait de faire la conversation et de parler de tout et de n’importe quoi. Elle posait des questions, écoutait attentivement les réponses, racontait ses propres expériences. Même si sa propre mère semblait en  plutôt bonne forme, Azenet restait inquiet. Aypierre lui jetait de temps à autre des regards encourageant mais ça ne le rassurait pas vraiment. Il avait peur qu’elle se fatigue et qu’elle se sente soudainement mal, comme il lui arrivait parfois.
Il se forçait à manger pour faire honneur au repas préparé par la mère d’Aypierre, mais il n’avait pas vraiment faim. Lorsqu’ils eurent fini, Azenet se leva pour débarrasser les assiettes et commencer la vaisselle. Aypierre vint l’aider, pas du tout intéressé par la conversation de leurs génitrices, tournant autour d’une nouvelle collection de bracelet crée par la marque Pandora.
- Ça va ? lui demanda son ami tout en rangeant les assiettes dans le lave-vaisselle.
Azenet hocha la tête, un peu distrait.
- Je t’ai pris des notes des cours que t’as manqué, si jamais. C’était laborieux, mais j’ai réussi. Si jamais t’en veux des meilleures, tu peux toujours demander à Fuka, je crois que sa réputation est plus à faire.
- Merci Pierre.
- A ton service !
Azenet étouffa un léger rire. Aypierre jeta un petit coup d’œil à la table et une fois la vaisselle terminée, il prit Azenet par le bras et l’emmena à sa chambre, prétextant un devoir à lui expliquer.

- Pierre, ma mère...
- Hey, détends-toi. Elle est avec la mienne, elle risque rien.
Azenet soupira profondément et s’affala sur sa chaise de bureau. Son ami n’avait pas tord et puis ils n’étaient pas si loin que ça. Il commença à sortir quelques affaires de son armoire pour les poser sur le bureau. Aypierre s’approcha pour regarder ce qu’il faisait. Il grinça des dents.
- T’es pas sérieux ?
Azenet sourit tristement.
- Si. Je veux au moins revoir les exercices que j’ai fait faux.
- Arrête ça, Aze, je t’assure que t’en as pas besoin. Franchement, pourquoi tu travailles autant ? Tu pourrais te fatiguer nettement moins et avoir un treize ou quatorze de moyenne au lieu de ton seize...
- Dix-sept, murmura Azenet en cherchant une page dans son livre.
- Dix-sept !? Mais range ce livre tout de suite, espèce de malade ! Aze, t’as l’intention de décrocher une bourse ou comment ça se passe ?
- Tu penses que je pourrais ?
Il avait commencé à écrire quelques calculs sur une feuille vierge. Il sentait qu’Aypierre était à deux doigts de lui arracher son crayon des mains, mais il avait vraiment besoin de travailler. Juste un peu, au moins pour se souvenir du thème.
- Peut-être, je sais pas du tout comment ça marche.
Azenet l’entendit à peine, concentré dans sa page de théorie. Soudain, il sentit le bureau disparaître sous ses bras. Il tenta de s’y accrocher, mais une pression sur ses côtes le fit lâcher prise.
- Pierre ! Laisse-moi !
Son ami s’était amusé à faire rouler sa chaise en arrière. Il s’assit vers le lit et tourna le meuble pour qu’Azenet soit bien en face de lui.
- Bon Aze, si c’est pas pour une bourse, pourquoi est-ce que tu te tues à la tâche ?
- Parce que je veux un avenir.
- Ta note de bac est pas super importante pour ton avenir.
- Si.
Aypierre soupira devant le regard fuyant de son meilleur ami.
- Aze, on se connaît depuis plus de dix ans. Pourquoi tu essaies encore de me mentir ?
- Laisse tomber, Pierre. Je veux des bonnes notes parce que c’est important pour moi, c’est tout.
- Arrê...
- S’il te plaît, le coupa Azenet, laisse tomber. Ça me regarde.
Il se recula pour retourner à son bureau, laissant Aypierre frustré derrière lui. Ce dernier finit par prendre la deuxième chaise, plus basse et moins confortable, pour s’asseoir à côté de lui. Azenet lui jeta un regard en coin et se remit à griffonner sur sa feuille. Ils ne disaient rien, seuls les quelques éclats de rire provenant de la cuisine et le frottement de la mine du crayon d’Azenet venaient troubler le silence. Au bout de quelques minutes, le jeune homme décida de le briser, à voix basse, comme s’il ne fallait pas le dire trop fort :
- Désolé...
- Hm ? demanda Aypierre, sans vraiment comprendre.
- Tu m’accueilles chez toi, tu amènes ta mère pour qu’elle vienne m’aider, tu fais mon boulot à ma place, et moi je t’envoie chier. Alors désolé.
Azenet sentit le regard de son ami sur son visage, mais il s’efforça de rester concentré sur sa feuille. Il était contrarié et l’absence de réponse de son ami ne l’arrangeait pas vraiment. Il compléta:
- Et merci. Pour tout.
Il eut peur que le silence d’Aypierre persiste, mais au bout de quelques secondes, il sentit une main glisser le long de son bras et venir appuyer doucement sur son poignet pour l’empêcher de continuer à écrire. Il protesta en essayant de se dégager sans brusquerie et finit par tourner la tête. Il plongea ses yeux dans ceux soudainement très sérieux de son meilleur ami. Il se sentait mal à l’aise du contact visuel prolongé mais il n’arrivait pas à détourner le regard. Aypierre avait laissé sa main posée sur la sienne. Azenet n’était pas capable de dire s’il s’était écoulé juste une secondes ou plusieurs minutes jusqu’à ce que son ami prenne la parole, mais les mots qu’il dit se gravèrent dans sa mémoire.
- J’ai aucune idée de ce qu’il se passe exactement dans ta vie ou dans ta tête, Aze. Mais quoiqu’il arrive, je suis là. Je peux sûrement pas tout comprendre et pas tout savoir, j’ai peut-être d’autres amis, d’autres connaissances, je suis souvent le pire des cons, mais je te promets que je te laisserai pas tomber, d’accord ?
Azenet répondit par un sourire tandis ce qu’une sensation chaleureuse lui traversait le corps.
- D’accord, articula-t-il sans qu’aucun son ne sorte.
Aypierre abaissa légèrement la tête, entendu, et retira sa main de son poignet avec douceur.

Ils travaillèrent durant une bonne demi-heure avant que la mère d’Aypierre ne vienne les chercher. Azenet les raccompagna à la porte en les remerciant encore et il rentrèrent chez eux. L’appartement sembla cruellement vide au jeune homme. Il aida sa mère à se réinstaller sur le canapé, avant d’aller préparer son sac pour le lendemain. Il en profita pour jeter un œil à la pile de feuille qu’Aypierre lui avait apportée. Une en particulier attira son attention et il la prit dans ses mains pour la fixer durant de longues minutes. L’inscription pour le camp de ski. Il sentit son cœur se serrer un peu et avant qu’il ne se mette à hésiter, il attrapa un stylo sur sa table et cocha la case « Notre enfant ne participera pas ... » . Il se dirigea ensuite vers le salon pour récolter la précieuse signature de sa mère. Ces derniers temps, elle lisait à peine ce qu’il lui faisait signer, se contentant d’écrire son nom en bas des pages. C’était tellement peu significatif que le jeune homme avait hésité plusieurs fois à signer lui-même pour épargner à sa mère l’incompréhension, mais il se serait senti trop coupable.

Sa mère regardait une émission de pâtisserie. Ses yeux étaient rivés sur l’écran, encore un peu brillants de la soirée. Azenet vint s’asseoir à côté d’elle sans rien dire.
- J’adore les éclairs au chocolat. Tu te souviens quand on allait en acheter à la boulangerie, le samedi ?
Le jeune homme acquiesça doucement.
- Je peux t’en ramener dimanche, si tu veux.
Une lueur de tristesse passa dans le regard de sa mère et Azenet sentit son cœur se serrer.
- Ça n’aurait pas le même goût, hein ?
Elle n’obtint pas de réponse. Elle finit par éteindre la télévision et remarqua la feuille entre les mains d’Azenet, que lui-même avait oubliée.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Oh. Un truc à signer.
Il lui tendit le papier et lui montra l’endroit où elle devait écrire. Il sentit une légère bouffée de chaleur lui monter dans le dos lorsqu’elle se mit à scruter l’entièreté de la feuille.
- Azenet, mon cœur, pourquoi tu n’irais pas au camp de ski ?
- Parce que c’est une semaine, maman, cinq jours.
- Et alors ?
Elle avait un air déçu et sévère sur le visage, Azenet se sentit coupable. Ce n’était pas la manière dont il avait envisagé la chose.
- Alors c’est cher. Et j’aime pas le ski.
- Tu adores le ski.
- Pas quand ça veut dire que je dois te laisser seule.
Elle lui sourit avec tendresse et se redressa en position assise sur le canapé. Azenet n’osait plus vraiment croiser son regard. Une main fraîche se glissa sous son menton et le força à relever les yeux.
- Azenet, tu ne te prives de rien pour moi, d’accord ? Je peux sans problème m’arranger avec les voisines pour une semaine, alors va effacer cette croix, mets là au bon endroit, et je signerai.
Le garçon hocha la tête. Elle l’attira dans ses bras et il l’étreint à son tour, sentant ses omoplates se dessiner sous ses doigts. Ils se séparèrent et elle lui tendit son stylo. Il repartit en direction de sa chambre pour trouver un Tipp-Ex, partagé entre une forme de soulagement bienfaitrice, et un sentiment de culpabilité extrême.

Il n'avait aucune idée de comment allait évoluer l'état de sa mère durant les deux prochains mois, mais il allait devoir la laisser seule.
Cinq jours.
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Lun 23 Mai - 15:49
First (ouais j'ai pas lu, ouais)

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CitrouillePommePoire
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Lun 23 Mai - 16:19
MAIS
MAIS
JE SUIS TROP DÉÇUE.

ILS L'ONT FAITE, LEUR CONNERIE, CES CONS ?

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Floraly
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Lun 23 Mai - 16:22
Hey !
Ça va les majuscules ? ;P
S'ils l'ont fait ? Mmmh... Je sais pas moi, comment voudrais-tu que je le sache ? Arme-toi de patience, ma petite Wink

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Nothingness
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Lun 23 Mai - 17:20
Je pense qu'il est une nouvelle fois nécessaire de sortie le #AzeLaVictime x)
Ce chapitre est aussi cute qu'il est triste è_è
Par contre il est relou Aze à rien dire à Pierre là aussiiiii, pour une fois qu'il était proche de lui et qu'il pouvait tout lui dire, il l'envoie bouler :c
Nems se fait encore pas respecter sur ce chapitre ahahah (Ça me dérange pas je l'aime pas trop t'façon)

Brefouille, hâte de la suite <3
Ta number one fan

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:kappa:
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Floraly
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Lun 23 Mai - 17:28
Hey !
Oui, AzeLaVictime, envers et contre tout ! Décidément, ce hashtag est un peu trop présent chez moi x)
Oui, bon, Nems se fait jamais respecter (#TuyauD'arrosage)

Merci pour ton commentaire <3

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Nyal27
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Lun 23 Mai - 18:20
Tu as le don de savoir écrabouiller mon kokoro avec tes cliffhanger XD
Sinon,
Flo-yante a écrit:
Elle avait toujours apprécié Azenet parce qu’il était un des rare amis d’Aypierre à venir la saluer dans sa chambre à chaque visite. Et puis, il avait bien plus de patience que son frère lorsqu’il s’agissait de lui expliquer les exercices de maths qu’elle ne parvenait pas à comprendre.
On en parle que tu me stalke ? XDDDD #MaVie
Voilà. Argh. Trop de feels. C'cute. Abonnez vous. Mettez un ptit plus. *plus*
NyalTropPleinDFeels.

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Tomber donne l'impression de voler...
...Jusqu'à ce que tu heurtes le sol.


   Va donc jeter un coup d'oeil à mes fictions ici !    




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Floraly
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Lun 23 Mai - 18:25
Hihihi, j'aime les cliffhanger <3

Je te stalke pas du tout c'est pas vrai tu mens ! *cache l'écran de l'ordinateur où s'affichent les vidéos de surveillance de la maison de Nyal*

Merci pour ton commentaire Very Happy

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