AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
• Salut Invité ! •
•Rejoins notre serveur :Discord ^^

La bête et le Toinou

avatar
Mistakes
Super Fukanouille
Zodiaque : Lion
Messages : 751
Pikadollar : 572
Vos j'aimes : 69
Date d'inscription : 26/07/2015
Age : 18
Localisation : Pays de la Guimauve, bonsoir.
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 1 Oct - 17:43
Salut la populasse!
Me revoici avec un OS de 14 pages /SBAFF/ que j'avais écrit il y a presque un an pour ma très chère Floraly. Le temps a passé et comme je suis une éternelle retardataire et que j'ai une mémoire de poisson rouge, je suis ici à le poster 11 mois après avoir fini l'écriture... Oups.

L'OS est aussi inspiré de l'idée de Flo de faire des reprises de contes de fée en OS, you know what I mean.

Concernant l'OS, veuillez ne pas trop me juger du coup sur la formulation des phrases, je me suis améliorée depuis un an je pense x) M'enfin voilà
Enjoy ♫

----------------------------------------------------------------------------

Antoine était un garçon comme tous les autres... Enfin, c'était ce qu'on pouvait imaginer lorsqu'on le voyait pour la première fois. En réalité, il était tout sauf banal. Il était ce garçon intriguant, se rendant à la bibliothèque tous les deux jours, sans cesse en quête de lecture. Les livres étaient rapidement devenus pour lui une passion, tournée en une obsession des mots couchés sur de simples feuilles de papier. Les gens du village dévisageaient ce garçon étrange qui parcourait l'allée régulièrement en direction d'un petit bâtiment se trouvant près de l'église. La bibliothécaire le connaissait très bien, elle lui conseillait souvent des romans autrefois, mais ça n'était plus la peine de le faire. Antoine avait lu tous les livres contenus dans cet endroit. Il avait parcouru chaque allée, sélectionnant avec une patience infinie chaque ouvrage qu'il s'était empressé de lire en rentrant chez lui. Son père était un inventeur dit fou. Antoine, lui, le trouvait brillant. Depuis son plus jeune âge, il avait encouragé son père à poursuivre ses rêves, même s'ils semblaient au premiers abords impossibles. Après la mort de sa mère lors d'une épidémie qui avait emporté bon nombres de personnes un hiver particulièrement coriace, il avait continué à pousser son père à construire ses machines. Au fond, Antoine était persuadé qu'un jour, les talents de son paternel seraient reconnus, même si les habitants du village ne semblaient pour le moment pas de cet avis. De toute façon, il n'en avait que faire de leur avis. Ils disaient d' Antoine qu'il était un de ces beaux garçons à marier avec une jolie demoiselle. Mais l'amateur de romans avait appris à ignorer ces rumeurs. Il continuait, comme aujourd'hui, à se rendre à la bibliothèque à pied, ignorant les remarques que l'on lui adressait. Les filles se retournaient sur son passage, espérant qu'un regard brun affectueux se retourne vers elles, sans résultat... Antoine restait d'une impassibilité déconcertante. Il n'avait pourtant jamais eu de mal à se faire des amis, plus petit, lorsqu'ils jouaient sur la place avec des autres enfants de son âge. Mais voilà un moment que Antoine s'était renfermé dans le monde des livres. Personne n'était là pour l'y accompagner, personne ne partageait cette même passion dévorante qui le tenait en haleine à chaque page. Personne n'avait voulu partager un de ces moments uniques avec lui, et les personnages de ses histoires devinrent rapidement ses meilleurs amis, remplaçant des personnes vivant réellement, devenant un substitut pour Antoine qui, plus seul que jamais, se renfermait doucement dans un monde que lui seul semblait connaître. Dès lors, on le classa dans la même catégorie que son père, un autre fou parmi tant d'autres. Un garçon inconscient de son charme qui avait toujours son nez dans un livre, la tête dans les nuages... Il n'était pas conscient de l'effet qu'il produisait autour de lui. Enfin, c'était jusqu'à ce qu'Angèle n'arrive. Sa vie avait subitement pris un nouveau tournant. Cette femme, Angèle, petite nouvelle jeune et pleine d'énergie avait su faire parler d'elle. Les garçons rêvaient de ses formes voluptueuses, ils semblaient détailler chaque parcelle de son visage angélique, à commencer par ses yeux aussi bleus que le ciel en plein été, en passant par son nez aquilin, légèrement pointu et sa bouche fine. Elle avait de longs cheveux blonds, souvent rassemblés en une natte ramenée sur son épaule. Elle avait su faire chavirer des cœurs... Angèle se savait belle et elle en prenait plein pouvoir. Son ego voulait que chaque homme s'intéresse à elle. Elle pensait que cela était le cas. Enfin... Jusqu'à ce qu'une rumeur parvienne à ses oreilles. Il existait un garçon pour le moins bizarre. Il n'avait pas les pieds sur terre, marchait avec dédain dans l'allée principale du village presque tous les jours. Il n'avait jamais porté attention à Angèle. Cela l'avait froissée. Elle avait tenté de se faire remarquer en sa présence, mais jamais il ne broncha. Angèle avait fini par vouer une obsession à ce garçon, appelé Antoine. Elle ne voyait plus que lui, et bientôt le bruit courut dans le village qu'elle souhaitait qu'Antoine lui demandât sa main. Elle se fit dès lors plus insistante. Elle prenait un malin plaisir à placer sa tête devant le livre du garçon. Et lorsqu'elle croisa son regard pour la première fois, elle en fut comme électrisée... Elle décrétait que si Antoine ne voulait pas d'elle, alors, il n'aurait personne. C'était comme cela.

Ce jour là, justement, Antoine se rendait à la bibliothèque. Il rapportait deux des romans empruntés quelques jours auparavant à la bibliothèque. Arrivé là bas, il opta pour son livre favori, et saisit un ouvrage neuf. Il serra doucement contre sa poitrine ses trésors, rêvant déjà à sa lecture. Le village était agité ; les feuilles mortes commençaient à tomber et les habitants s'affairaient au marché sur la place. Pas de chance pour Antoine, Angèle réussit tout de même à l'apercevoir malgré la foule. Elle l'intercepta. Il soupira longuement. Son père lui avait demandé de rentrer tôt à la maison et il devait encore acheter de quoi préparer le dîner. La présence d'Angèle lui semblait comme un caillou dans une chaussure. Dérangeante. De plus, il n'appréciait vraiment pas cette fille.

« - Hé bien Antoine, on fait ses emplettes ?
- Angèle.
- Toujours pas décidé à trouver une fille digne de te combler de bonheur, Toinou ?
- Je t'ai déjà demandé d'arrêter de m'appeler Toinou. Puis, j'attendrai le temps qu'il faudra. N'espère pas trop !
- Lorsque tu te rendras compte que je suis celle qu'il te faut, il sera trop tard, mon cher ! Vois-tu je ne compte pas t'attendre toute ma vie ! »

Antoinesoupira; elle l'exaspérait. Il n'avait jamais eu l'idée saugrenue de vouloir un jour passer sa vie avec elle. Il se dépêcha à faire ses courses et rentra d'un pas déterminé chez lui. Arrivé, il prépara un bon potage de légumes, sa spécialité, et appela son père. Le vieil homme était encore occupé à sa nouvelle invention. Il lui annonça fièrement qu'il avait réussi à la faire fonctionner. Le lendemain se déroulait un grand événement au cours duquel tous les inventeurs de la région se réunissaient afin de présenter leurs œuvres. Il allait pouvoir y participer et cela mit du baume au cœur à Antoine. Voilà deux ans que son père travaillait avec acharnement, et reportait à plus tard cette réunion. Il voulait que sa création soie parfaite.

Le lendemain, à l'aube, il partit après avoir fait quelques recommandations à Antoine. Ce dernier en avait ri. Cela faisait un moment qu'il savait se débrouiller seul, mais quelques minutes seulement après le départ de son père, il regrettait déjà le silence qui régnait dans sa maison. « Ce n'est que pour deux petits jours », pensa-t-il. Il décida de ne pas se morfondre et saisit son livre favori. S'il faisait calme, autant en profiter pour lire ! Un grand sourire aux lèvres, il s'attela à sa lecture, fit à manger pour lui seul, et s'enroula confortablement dans son lit en fin de journée, profitant du calme ambiant pour s'offrir une bonne nuit de repos. Le lendemain, lorsque le coq chanta, il s'attendait à retrouver son père en fin d'après midi. Mais il ne vit pas le vieil homme revenir. Antoine s'inquiétait... Il ne vit pas la charrette revenir ce soir là. Il ne réussit pas à fermer l’œil de la nuit. Peut être se tracassait-il pour rien ? Son père ne pouvait pas disparaître ainsi... Mais lorsque la nuit tomba une seconde fois sans que son père revienne, Antoine décida de prendre des mesures radicales. Il enfila sa cape et s'aventura dans les bois sombres, invulnérable. Les chouettes hululaient autour de lui. Il réprimait sa peur qui menaçait de le forcer à faire demi tour, s'avançant encore plus profondément dans la nuit. Il ne voyait presque rien dehors, hormis la faible lueur de la lune qui filtrait à travers les branches qui se dénudaient de feuilles et les yeux inquiétants qui brillaient dans les arbres et autres arbustes. Un bruit sourd semblait approcher de lui, la terre tremblait légèrement et son cœur commençait à s'affoler.  Des yeux plus grands finirent par sortir d'un buisson. Antoine sentit son corps trembler, un cri sortit de sa bouche alors qu'il commençait à courir dans l'autre sens. La chose finit par le bousculer, heurtant son dos. Une douleur apparut alors qu'il atterrit dans un buisson. En passant la main le long de sa colonne vertébrale, il sentit un liquide poisseux. Une branche avait certainement dû le blesser dans sa chute. La chose, ou plutôt l'animal qui l'avait poussé se tenait entre les arbres où il se trouvait quelques secondes auparavant. Antoine, encore terrifié, scrutait la bête à la grande carrure qui se dressait sur des deux pattes arrières. Ce n'est que quelques instants plus tard qu'il prit son courage à deux mains afin de calmer l'animal. Il murmura des paroles, effleurant la carrure de cette bête, un cheval. Il sentit le souffle chaud de l'équidé sortir de ses naseaux. Soudain, un éclat attira l'attention d'Antoine. Il s'approcha de la croupe du cheval. Des morceaux de bois surmontés de quelques vis et boulons étaient attachés à un attelage que Antoine aurait reconnu entre mille.

- Améthyste, souffla-t-il, reconnaissant son cheval.

Antoine chercha du regard la charrette qu'il avait vu partir avec son père derrière ce cheval désormais terrifié. Mais elle n'était plus là. Il desserra rapidement l'attelage, montant à cru Améthyste. Il lui intima doucement de retrouver son père. Évidemment, cela ne fonctionnait que dans les romans, les chevaux qui retrouvent miraculeusement leur maître. Antoine descendit rapidement du cheval. Il devait l'abandonner au milieu des bois afin de retrouver son père. Ignorant la douleur qui lui lancinait encore le dos, il se mit à courir, esquivant les branches qui lui bloquaient le passage, par là où le cheval avait apparu. Des chauves souris s'envolaient parfois, poussant des cris aigus, lorsqu'Antoine secouait la branche où elles étaient posées. Il finit par trébucher sur un débris à terre. Sa respiration se coupa pendant quelques secondes et il inspira bruyamment en retrouvant son souffle. Ses yeux piquaient et il refoula ses larmes. Ses mains étaient recouvertes d'égratignures et ses forces le quittaient peu à peu. Il pensa à son père, perdu depuis une journée, pour qui il avait foncé tête baissée dans une forêt. Antoine frappa du poing sur la terre légèrement humide, énervé. Il n'avait jamais autant regretté que son père ne réalise son rêve. Cela avait peut être du lui coûter la vie, attaqué par des bêtes sauvages ou bien mort de froid par cette nuit d'automne dont l'air était glacial. Antoine ne put retenir ses larmes plus longtemps. Il se mit à sangloter, roulé en boule sur le sol de la forêt. Après quelques minutes, peut être même une heure, il sentait une nouvelle forme d'énergie le parcourir. Il ne pouvait pas abandonner son père ainsi, ce pauvre vieillard méritait mieux comme fils qu'un trouillard. Il se mit debout, rassemblant ses dernières forces pour avancer encore. Il essayait de s'accrocher à l'espoir qu'il trouverait son père en parfaite santé, quoiqu'un peu frigorifié sur le chemin. Il suffirait dès lors de le ramener à la maison, afin qu'il reprenne des forces. Antoine, rempli de détermination, reprit sa route, inlassablement, posant un pied devant l'autre. Son ventre gargouillait, lui rappelant qu'il n'avait plus mangé depuis ce midi ; sa bouche était sèche, ses cheveux noirs maculés de boue tout comme ses vêtements. Il avançait tête baissée, et finit par heurter un mur recouvert de lierre. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait quitté la forêt il y a quelques pas. Un château gigantesque se dressait devant lui, majestueux malgré la pénombre. La grille était ouverte. Il le savait car la lune se reflétait dans son métal sombre. Antoine était partagé entre deux pensées. Allait-il rentrer dans ce château afin de demander l'hospitalité pour passer une nuit de sommeil, et reprendre ses recherches demain, ou continuait-il à chercher son père ? Il estima qu'il valait mieux dormir. Il ne saurait pas chercher son père longtemps, et, mort de froid, il ne servirait plus à grand chose pour les recherches. Il tira la grande grille qui grinça, et s'aventura sur le sentier pavoisé. Il arriva devant les grandes portes en bois. Il frappa, une fois, deux fois, criant pour que quelqu'un l'entende. Mais personne de vint lui ouvrir. Il mit un bon coup d'épaule dans la porte, qui soudainement bougea. Antoinetomba sur le carrelage d'un immense hall.

- Il y a quelqu'un ?, fit-il.

Mais il n'eut aucune réponse. De nature curieuse, il s'aventura dans une autre pièce. Il lui semblait que ce château était habité, mais personne ne lui répondait.

- Deux en une nuit, Big Ben, on avait jamais eu autant d'invités en cinq ans.
- T-tais t-toi Lu-Lumière. Il pourrait nous entendre im-imbécile.

- Qui parle ? Je sais que vous êtes là, montrez-vous, dit Antoine, qui avait l'impression d'halluciner en entendant les voix si proches mais en ne voyant personne.

Mais les chuchotements ne réapparurent plus. Il en parut peiné. Ses recherches s'avéraient vaines. Il s'aventura dans une autre pièce, répétant inlassablement les même mots : « Est ce qu'il y a quelqu'un ? ». Il guettait le moindre bruit. Soudainement, un cri résonna dans l'ensemble du château., glaçant le sang d'Antoine. Des voix tamisées parlaient, mais une phrase, plus forte, plus portante se distinguait. Le jeune amateur de romans courut dans la direction des cris, et finit par entendre distinctement des supplications. Une voix suppliait une autre de ne pas le tuer. Et Antoine, bonne âme, courrait aussi vers ce qui semblait pouvoir le tuer. Il avait l'impression de pouvoir sauver la voix. Cette voix qui lui semblait de plus en plus familière au fur et à mesure qu'il approchait. Cette voix qu'il avait tant entendue, cette voix qui avait non seulement bercé son enfance, mais également le reste de sa vie. Cette voix qu'il entendait souvent avec des bruits métalliques en fond. La voix de son père. Antoine enfonça encore une porte et, enfin, il le vit. Il se précipita sur le vieillard couché sur le sol, du sang coulant de sa bouche.

- Père !!! Père, réveillez vous !!!
- T-Toine, murmura le blessé en crachotant du sang sur le carrelage blanc.
- Que vous est-il arrivé ? J'étais si inquiet, je...
- S-sors d'ici Toinou. Une bête qui...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Antoine se sentit soulevé dans les airs. Ses jambes semblaient si loin du sol en ce moment même... Une voix, lugubre et grave résonna dans la pièce.

- Qui a osé rentrer chez moi.

Antoine ne bougeait plus, ne respirait plus. Sa bouche, entrouverte et ses yeux écarquillés d'horreur semblaient tout expliquer. Il se sentir lourdement retomber sur le sol lorsque la main lâcha prise sur lui. Il eut un geste de recul pour s'éloigner le plus de la prise terrifiante et se rapprocher un peu plus de son père.

- Que lui avez vous fait...

Seul un grognement lui répondit, le genre de son qui vous glaçait le sang, vous donnait la chair de poule et envie de vous enfouir sous une couette.

- Toine, murmura le vieillard, pars, enfuis toi.
- Vous êtes complètement fou, Père. Hors de question que je vous abandonne maintenant, répliqua Antoine.

Ce dernier se sentit brusquement propulsé contre un mur. Il suffoqua, et cracha un liquide rouge au goût métallique sur le sol.

- Votre... Père, cet empoté. A cueilli ma rose. Il va le payer, je...
- NON, NE LE TUEZ PAS, hurla Antoine à plein poumons, se jetant sur le bras de cette ombre dangereuse.

Ce n'est qu'en enserrant son bras que Antoine se rendit compte de la puissance et de la grandeur de son adversaire. Ce bras si doux pourtant, comme trop velu... Il releva les yeux. Un fin rayon lunaire filtrait à travers une vitre. Il croisa les yeux d'une bête aux dents acérées, qui devait mesurer plus de deux mètres et qui était entièrement recouverte de poils. Son visage était crispé par la rage, la colère et l'on pouvait entr'apercevoir une lueur de haine dans le regard de cette chose.

- Je... Je ferai tout ce que vous voudrez en échange de sa vie sauve, déglutit Antoine, terrifié.
- Dans ce cas..., grogna la bête. Il mourra de toute manière, ici ou dehors

Il prit le père d'Antoine par son manteau et le fit partir du château sur un cheval. Antoine réfléchissait... Il ne pouvait pas partir, pas maintenant. Il était trop faible pour tenter une fugue, trop lent pour distancer cette chose. La bête revint, fulminant, et empoigna Antoine par sa cape. Ce dernier hurla, la cape l'empêchant de respirer correctement, et fut jeté quelques instants plus tard sur un lit, dans une chambre dont on ferma la porte à clé. Les derniers mots de la bête avant de partir furent ;

- Désormais, tu es mon prisonnier et si tu essaie par un quelconque moyen de t'échapper d'ici, je te retrouverai et te tuerai toi et ton père.

Il claqua alors la porte, laissant Antoine livré à lui même. Le jeune homme pleura longtemps, secoué de sanglots et hurlant au désespoir. Il arracha sa cape et la jeta furieusement à terre. Elle était maculée de boue et tachée de sang, le sien et celui de son père. Il enleva ses habits afin de se retrouver en sous-vêtements. Il y avait une coiffeuse dans un coin de sa chambre, avec une petite salle de bain tout près. Il scruta son reflet dans la glace. Il avait le visage rougi par les pleurs et noircis par la saleté. De nombreuses égratignures balafraient son visage et striaient son corps. Il prit une serviette et lava consciencieusement la saleté qui s'était accumulée sur son corps. Il désinfecta avec de l'alcool chacune de ses blessures et les pansa avec ce qu'il trouva dans la minuscule pharmacie de la chambre. Puis il s'attaqua à son dos. Une énorme balafre le traversait. Heureusement, la blessure était peu profonde. Elle saignait tout de même abondamment et les petits bouts de bois et de terre menaçaient de créer une infection. Il n'arrivait pas à correctement nettoyer sa coupure, elle le faisait souffrir et il grimaça, pestant silencieusement.

- Vous désirez un peu d'aide, peut être, fit une voix féminine.

Antoine, surpris, sursauta et se retrouva face à un porte manteaux. Celui qu'il avait vu en entrant dans la chambre.

- Qu'est ce que... Qu'est ce qu'il fout là, marmonna le garçon.
- Je voulais vous demander si vous désiriez un peu d'aide, monsieur, répéta la voix.

Le porte manteau venait de bouger et de parler sous le regard stupéfait d'Antoine. Ce dernier paniqua, tenta de se rattraper à quelque chose, mais perdant les moyens, tomba assis sur le sol. Il reculait au fur et à mesure que le porte manteau animé s'approchait de lui. Qu'est ce qu'il pouvait bien faire là ? C'était une mauvaise blague, ça ne pouvait être que cela ! Quelqu'un lui jouait un tour, voulait certainement lui faire peur... Le porte manteau finit par saisir Antoine sous les aisselles et le redressa sur ses deux pieds. Le garçon, craintif, eut le réflexe de mettre ses mains devant son visage pour éviter de se faire frapper, comme les coups qu'il avait subi auparavant.

- Rack! Tu comptes encore terrifier le petit longtemps? cria une voix encore plus aiguë.

Un plumeau fit son apparition, suivit d'une théière. Tous deux bougeaient de leur propre gré. Lentement, autour d'Antoine, de nombreux objets commencèrent à s'animer, à prendre vie, comme s'ils étaient là depuis des lustres, attendant un locataire à cette chambre. Le porte manteau, apparemment nommé Rack,  se confondit en excuses, prétendant qu'il essayait juste d'aider Antoine. Justement, le plumeau sortit une serviette humide et lui donna. Rack commença lentement à nettoyer la plaie d'Antoine, qui était partagé entre la peur et l'émerveillement de voir ainsi des objets prendre vie. Un millier de questions se bousculaient dans sa tête, il n'arrivait cependant pas à les formuler, tant la fascination brouillait ses pensées. Les objets discutaient entre eux mais Antoineétait trop retourné de cette journée étrange pour écouter et comprendre leur conversation. Et puis, qui sait... Il pourrait bien déjà être dans un rêve. Il se réveillerait alors chez lui, dans son lit douillet, et rien ne se serait produit. Sa vie normale reprendrait son cours... Il enfila un vêtement que l'armoire parlante lui donna sans se poser de questions, se laissa envelopper par les draps doux de son lit moelleux avant de s'endormir dans les bras de Morphée qui semblait le bercer doucement.


Bien que sa nuit ait été agitée, dû à ses nombreux cauchemars, Antoine se leva tard. Le soleil était déjà assez haut dans le ciel  lorsqu'il émergea de son sommeil, et il lui fallut un moment avant de se rappeler comment il avait finit ici, dans ce lit qui n'était pas le sien, enfoui sous une pile de couvertures douces et chaudes. Il écarta la couverture de son corps et des pieds se posèrent sur la moquette doucement. Ils étaient endoloris, certainement à cause de la course folle d'hier qu'il avait menée en tentant de retrouver son père. D'ailleurs, la pensée seule de cet être qui lui était si cher, et qui pouvait encore une fois ne pas être rentré chez soi, sain et sauf, lui serra le cœur. Antoine avait pendant un instant été tenté de s'enfuir de cet endroit. Mais qu'adviendrait-il de lui ? De son père ? Et de toutes ces autres personnes innocentes qui vivaient dans son village si la bête les attrapait? Non, il ne pouvait pas prendre ce risque... Il était condamné à vivre le restant de ses jours dans ce château lugubre  dont il était prisonnier à présent. Antoine se leva difficilement, sa blessure au dos qui ne semblait pas s'être infectée ne s'était pas remise à saigner, mais elle le faisait quand même souffrir. Il s'apprêtait à ouvrir la porte lorsqu'il se rappela que l'on avait fermé cette dernière à clé la veille. Il frappa rageusement contre le mur avec son poing.

- Cela ne sert à rien de s'énerver, murmura une voix.

Antoine se retourna vivement. Au sol, posé juste derrière lui, la théière de la veille le contemplait avec calme et curiosité. Bien qu'il fut pris de peur à nouveau en voyant un objet s'animer de telle façon, il se souvint rapidement que la pièce entière grouillait d'objets parlants l'ayant aidé hier. Il prit la théière entre ses mains, plongeant ses prunelles dans celles de cet objet en porcelaine qui semblait humain.

- Je suis Mrs Samovar, siffla la théière, et je disais que s'énerver ne servirait à rien. Nous avons une clé, nous pouvons vous ouvrir. Souhaitez vous déjeuner ? Notre chef en cuisine peut vous servir absolument tout ce que vous voudrez.
- Je... Je veux bien, souffla le garçon.

Il vit le porte-manteau s'avancer vers la serrure et y insérer une clé. Un déclic se fit entendre, Antoine posa la théière sur le sol et ouvrit la grande porte de sa chambre. Il avait très peu de souvenirs des couloirs de l'extérieur. En effet, il faisait extrêmement sombre la veille et il avait fermé les yeux lorsque la bête l'avait transporté ici, dans la chambre, si bien qu'il ne savait pas quel couloir emprunter pour se rendre à la salle à manger. Un plateau roulant, où étaient posés Mrs Samovar et le plumeau, nommée Plumette, passa à ses côtés, lui indiquant le chemin. Antoine suivit lentement dans les couloirs ce plateau. Tout lui semblait irréel depuis qu'il était ici, c'était comme s'il avait atterri dans un de ces livres fantastiques qu'il aimait tant. Les longs couloirs se suivaient et se ressemblaient. De nombreux tableaux affichés aux murs semblaient avoir pris la poussière, comme délaissés. Antoine finit par arriver dans une immense salle. Une grande table se trouvait en son centre.

- Nous y voici !

Le garçon s'assit à une chaise, tremblant. Il était seul ici, avec comme unique compagnie des objets animés. Son ventre commençait à crier famine, et un délicat fumet semblait embaumer la pièce au fur et à mesure que le temps passait. Soudainement, deux portes s'ouvrirent et un spectacle fantastique s'offrit à Antoine. Des tas de porte-manteaux venaient de faire apparition dans la salle, portant des plateaux ornés de divers mets raffinés. Certains fumaient, dégageant la chaleur des plats, d'autres contenaient diverses confitures, gâteaux et autres pâtisseries. Antoine semblait émerveillé. Un chandelier fut déposé devant lui, ainsi que tous les autres plats.

- Bonjour, je suis Lumière, le chandelier. Je vous souhaite un bon appétit, si vous avez la moindre demande, n'hésitez pas. Nous sommes vos serviteurs à présent.

Mrs Samovar s'approcha d'une tasse qui était posée devant Antoine et la remplit d'un thé à la menthe brûlant dont les effluves embaumaient la pièce. Il approcha la tasse de ses lèvres, goûtant au délicieux liquide fumant. Puis il se servit de quelques gourmandises, appréciant longtemps la saveur unique que chacun des aliments lui procuraient. Antoine n'avait jamais eu droit à tout cela. Son père et lui étaient loin d'être riches, et biens qu'ils auraient pu se procurer un éclair au chocolat ou une tarte au boulanger, jamais ils ne l'avaient fait. Le garçon eut un pincement au cœur en pensant à son vieux père qui se contenterait du pain qui était posé quotidiennement sur le pas de leur porte au petit matin, alors que lui, goûtait aux mille et une saveur des pâtisseries qu'on lui avait servi. Lorsqu'il fut repu, il quitta la table et refit le chemin qui le mènerait à sa chambre. Là bas, l'armoire lui donna des vêtements propres qu'il enfila. Il se coiffa vaguement et scruta son reflet dans le miroir. Ses yeux étaient légèrement gonflés à cause des larmes qu'il avait versées la veille, son teint était plus blanchâtre que jamais et des cernes commençaient à se dessiner sous ses yeux. Des pas approchèrent de la salle de bain, et Lumière apparut dans l'encadrement de la porte.

- Notre Maître souhaiterait vous voir.
- Je viens avec vous.

Lumière l'amena dans une pièce aux grandes fenêtres. La lumière du soleil filtrait à travers ces dernières. Au centre de ce qui semblait être une salle de séjour se trouvait la bête. Il scrutait le nouvel arrivant d'un regard empli de mépris. Antoine le dévisagea à son tour. La bête avait une fourrure épaisse et noire, des dents aussi blanches que la neige et dont les canines avaient une longueur supérieure à la moyenne. Cependant, cet animal, si l'on pouvait dire, portait des vêtements.  Une chemise légèrement trop grande et un pantalon beige, contrastant avec l'effet sombre de ses poils. Il avait la tête légèrement relevée, signe de son dédain profond et ses yeux noisette paraissaient vides.

- Quel est ton nom, grogna-t-il.
- Antoine, souffla le garçon, légèrement terrifié bien qu'il tente de ne pas le montrer.
- Bien, Antoine. Désormais, tu es mon prisonnier. Apprends que ton sacrifice a permis à ton père d'avoir la vie sauve. Je ne te ferai aucun mal. Sauf si tu tente de t'enfuir. Dans ce cas...
- M-Maître, dit une horloge, hésitant.
- Pas un mot, Big Ben, tonna la bête, laissez moi parler. Je disais donc que si tu tentais par un quelconque moyen de t'enfuir, je te retrouverai, et je n'hésiterai pas à tuer qui que ce soit. Ai-je été clair ?
- Très.
- Parfait, tu peux disposer.

Antoine semblait tout retourné de cette conversation et il ne se fit pas prier deux fois pour quitter cette pièce à l'ambiance lugubre. Il refoula une larme et courut dans les longs couloirs où il finit par se perdre.  Son dos glissa lentement le long d'un mur, il ne chercha plus à retenir les sanglots qui lui secouaient le corps, se laissant aller à sa propre détresse. Il était seul désormais, avec cette bête sauvage dans la même demeure que lui. Il pensait que jamais plus il ne toucherait l'herbe verte de dehors, ni la neige qui commencerait bientôt à tomber. Il resta dans ce couloir de longues minutes, s'acharnant sur son sort, sur sa vie qu'il avait bravement sacrifiée, sur son futur qui ne ressemblerait décidément pas à ce qu'il avait imaginé.



Un nouveau jour se levait sur le château. Cela faisait une semaine qu'Antoine était enfermé ici, avec pour seule compagnie un monstre et des objets vivants. Il lui semblait que la bête était moins irritable de ces jours-ci. Peut être n'était-ce qu'une illusion... Alors qu'il s'apprêtait à sortir de table, Antoine osa adresser lui adresser la parole.

- Monsieur.... Je m'ennuie à mourir ici. Peut être mon séjour serait-il plus confortable si vous aviez quelque chose avec lequel je pourrais m'occuper...

La bête n'avait pas répondu et s'était levée brusquement, quittant la salle et laissant les portes entrouvertes. Il revint soudainement avec un objet dans ses mains. Le cœur d'Antoine fit un bond dans sa poitrine lorsqu'il reconnut ces derniers. C'était deux livres ; jaunis par les années, la tranche légèrement usée et les coins un peu abîmés. Ils avaient dû être lus de nombreuses fois, ce qui ne les rendait que plus intéressant. Il caressa du bout de ses doigts la couverture du premier, effleurant doucement les lettres du titre comme s'il s'était agit d'un objet extrêmement fragile. Il inspira longuement avant de tourner la première page. Un sourire étira son visage tant il était heureux. Ce n'était pas un des livres qu'il avait dû lire une dizaine de fois à la bibliothèque de son petit village. Bizarrement, la bête sourit. Elle semblait ravie que son invité portât une si grande attention à deux livres usés par les années. Elle semblait également admirer la délicatesse des mouvements du jeune garçon qui tournait les pages comme si chacune d'elles allait se réduire en poussière. La bête n'avait jamais rencontré quelqu'un de tel, du moins, aussi loin qu'elle s'en souvienne. Elle était intriguée par Antoine... Par son attitude, par sa maturité, par son courage et sa douceur insensée. Elle voulait encore en savoir plus sur lui. Toujours plus... Mais elle savait que cela avait un prix. Si elle voulait qu'Antoine se dévoile à lui, elle devrait en faire de même. La bête se racla la gorge bruyamment, tentant d'attirer l'attention du lecteur. Cela eut l'effet de faire sursauter Antoine, qui prit soudainement un air apeuré, coupable.

- Monsieur, fit-il...
- Je t'en prie, Antoine. Appelle moi Basile. Je déteste les surnoms débiles que tu me donnes et ces manies que tu t'obliges à prendre. Je sais le monstre que je suis, mais l'oublier parfois ne serait pas de refus. Essaie de ne pas m'appeler ainsi, même dans tes pensées. Puis, nous sommes amenés à vivre ensemble assez longtemps pour que tu cesses de me vouvoyer.

Antoine avait l'impression de s'être pris une décharge électrique. Cette bête venait-elle vraiment de lui ouvrir une brèche dans sa vie, dans son espace personnel ? C'était à la fois étonnant et déconcertant. Malgré son attitude toujours fermée, il lui avait semblé qu'un bref instant quelque chose s'était produit, une chose étrange, inconnue presque.

- Je voudrais te montrer quelque chose, si tu aimes tant lire, grogna Basile.

Antoine le suivit dans les longs couloirs éclairés par la lumière du jour. Ils arrivèrent devant deux immenses portes, dans une partie du château où Antoine ne s'était jamais aventuré. La bête... Enfin, Basile, ouvrit brusquement les portes. Le spectacle qui s'offrit à Antoine lui semblait digne des meilleurs contes de fées. Une pièce immense en arc de cercle et dont les murs étaient recouverts de bibliothèques de bois apparut devant lui. La pièce semblait avoir été entretenue, certainement par les objets domestiques, et la grande fenêtre offrait une vue vers l'extérieur magnifique. Antoine restait bouche-bée devant tous ces livres qui remplissaient ces bibliothèques. Il devait y en avoir certainement plus de deux mille. Cet endroit était magique, mais tout cela n'était que le début d'une série de découvertes aussi fabuleuses les unes que les autres...



Depuis ce jour, la bête semblait moins renfermée, moins seule. Elle parlait de temps à autres à Antoine et prenait ses repas avec lui. Basile se découvrit plein de points communs avec le jeune homme ; notamment la passion dévorante qu'ils partageaient pour les livres de contes. Il arrivait désormais à Antoine de raconter des histoires à Basile qui l'écoutait attentivement, buvant ses douces paroles. Finalement, l'hiver arriva... On alluma un feu dans le château et la neige commença à tomber dehors. Les domestiques commencèrent à nettoyer le château de fond en comble. Il semblait regagner de la vie, de la gaieté et des couleurs. On alluma des bougies dans les couloirs les plus fréquentés, on coupa dehors les mauvaises herbes qui empêchaient le passage correct dans le jardin.  Antoine eut l'autorisation de se balader dehors à sa guise. Il avait fini par se plaire ici, nouant une amitié étrange mais réelle avec Basile. Ils se complétaient étonnamment bien, menant leurs vies tranquillement. Antoine avait remarqué que Basile avait fait des efforts. Il était beaucoup plus gentil avec tout le monde désormais, même avec Big Ben, qui semblait avoir eu la vie dure avec lui. Lumière aimait préparer des petites fêtes où tous les habitants du château venaient danser. Antoine aimait danser avec Zip, la petite tasse de Mrs Samovar, et Basile les applaudissait souvent à la fin de leur danse, esquissant un sourire qu'il se dépêchait de faire disparaître de son visage, certainement trop habitué à rester de marbre. Néanmoins, ce sourire provoquait chez Zip un petit rire enfantin. Mais le plus important qu'avait appris Antoine, c'était que derrière chaque habitant de ce château renfermait un être capable de penser, d'aimer et de pleurer. Cela l'avait aux premiers abords troublé. Mais après tout, toute cette histoire n'était-elle pas elle-même étrange ? Quel événement avait-il pu bien se produire pour que tout le monde se retrouve ainsi?
Il avait un jour surpris Basile aller dans une pièce dont il ignorait la fonction, et en ressorti l'air maussade. Il n'avait pas osé y entrer, de peur de trahir la confiance de son nouvel ami. Après un bon mois d'apprivoisement des habitants et de Basile, il demanda à Lumière ce qui s'y cachait. Ce dernier ne voulut pas répondre. Antoine sentait qu'un secret important se cachait dans cette pièce. Aussi, il décida un jour de s'y aventurer...


Il marchait à pieds nus dans les couloirs, une lampe diffusant une lumière tamisée dans la main gauche. Il vérifia maintes fois que personne de ne le voyait, avant de passer le pas de la porte qui le mènerait au secret de Basile . L'air froid qui embaumait la pièce donna la chair de poule à Antoine. Il essayait d'esquiver les différents objets qui étaient posés sur le sol... Des lambeaux de rideaux, des tables cassées en deux. Les murs étaient lacérés par des traces de griffes immenses. Cependant, au centre de la pièce, quelque chose semblait briller. Antoine s'approcha. Dans un couvercle de verre se trouvait une rose. Elle devait avoir été blanche autrefois, mais des taches rouges la constellaient. Antoine ne savait plus trop quoi penser. Pourquoi garder une rose dans une pièce comme celle-ci ? Les pétales étaient presque tous tombés, il ne devait en rester que cinq ou six. Perdu dans sa réflexion, Antoine n'avait pas entendu les pas approcher de lui. Une voix grave et posée résonna soudainement dans la pièce.

- Cette rose, fit Basile alors qu'Antoine sursautait, surpris d'entendre sa voix, est celle que ton père a cueillie en arrivant ici.

Il marqua un temps d'arrêt, se préparant certainement dans un discours empli d'émotions trop fortes, rempli de vérités qu'Antoine devait désormais savoir.

- Il y a cinq ans, ma famille et moi-même vivions dans ce château. Une fête avait été organisée en mon honneur. J'avais eu seize ans. Mes parents m'avaient estimé bon à marier. Ils avaient invités maintes et maintes prétendantes ; mais aucune d'entre elle ne semblait faite pour être mienne.  Dans un élan de folie, j'avais lancé à qui voulait bien l'entendre que personne n'était digne de moi. J'ai été bête... C'est à ce moment là que tout a basculé. Une personne s'est révoltée contre mon père et ma mère, estimant qu'un fils aussi imbu de sa personne ne pouvait être né que d'homme et de femme égoïstes. Ils étaient le roi et la reine de ce compté. Et le peuple les a massacrés. Les propres gardes de mes parents se sont retournés contre eux. Cette histoire était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Mes parents avaient la réputation d'être des escrocs dans tout le village.... Moi, je me suis enfui. Je suis parti lâchement dans la forêt. Une dame aigrie et laide m'a brusquement interrompu. Elle  m'a demandé de l'aide.... Je.... Je... Je ne me sentais pas capable de l'aider. Je voulais juste sauver ma peau, peu importe les conséquences que cela aurait. Alors je l'ai écartée de mon chemin, et je me suis remis à courir. Mais une douleur fulgurante m'a traversé. Mon dos, mes mains, mon visage et mes jambes me faisaient souffrir. Je venais de me transformer en monstre. En une bête immonde. La vielle femme, une sorcière, m'a mis en garde. Si ma rose fanait, si cette fleur perdait tous ses pétales... Alors je resterais comme ça pour toujours. Je me suis empressé de revenir au château. C'était la panique. Des gens s'enfuyaient en me voyant. Des gens étaient morts dans la salle de bal. Des hommes et des femmes, couchés sur le sol dans une mare de sang, autour des cadavres de mes parents. Il n'y avait plus beaucoup de gens, ceux qui ont fui ont tu l'histoire, sont partis vivre dans des autres contrées ou ont été diagnostiques comme fous. Ce n'est que quelques instants après que j'ai compris que je n'étais pas le seul à avoir reçu la malédiction. Mon personnel s'était transformés en objets.
- Lumière... Mrs Samovar.. Big Ben....
- Oui, ils sont tous ainsi de ma faute. Ce sont tous des êtres humains, Antoine... Absolument chacun d'eux renferme une âme humaine en détresse qui ne cherche qu'à être libérée de l'objet duquel il est prisonnier. Nous avons vécu cinq ans sans que rien ne se produise. Je ne sais pas quoi faire pour que le sortilège s'annule. Mais ton père est arrivé. Il a cueilli la rose qui pouvait encore nous faire basculer du côté humain. J'ai voulu sa mort. J'ai voulu sa mort pour nous avoir fait prisonniers de ce corps. Antoine... Lorsque le dernier pétale tombera, je serai un monstre jusque la fin de ma vie.
- Nous trouverons une solution Basile...

Antoine prit la patte de son ami et la serra dans ses mains qui semblaient minuscules. Basile pleurait beaucoup, à chaudes larmes. C'était la première personne à qui il révélait son secret, et il sentait qu'il allait la perdre.

- Antoine... Ton père te manque, non ?

Ce dernier ne répondit pas... La réponse était bien trop évidente. Son père lui manquait atrocement, mais pourquoi poser cette question dans des circonstances pareilles ?

- Va le retrouver Antoine... Tu n'as pas envie de voix l'état dans lequel je me trouverai une fois que ces fichus pétales seront tombés.
- Je ne t'abandonnerai pas, Basile c'est hors de question, on va trouver un remède, on va chercher quelque chose, il doit bien y avoir quelque chose à fai-
- Dans ce cas je t'y oblige. Sors de ma maison, grogna-t-il.
- Basile, non, je...
- SORS, hurla-t-il.

Il lança une chaise contre le mur qui éclata en morceaux de bois. Antoine parut hésiter, voyant son nouvel ami totalement vulnérable. Il n'arrivait pas à se résoudre. Il fallait l'aider. Antoine s'avança à nouveau vers Basile, posant sa main sur le bras poilu. Basile lui jeta un regard noir, hurlant au désespoir, il ordonna à Antoine de partir.

- SORS DE CHEZ MOI, VA T-EN.

Antoine prit ses jambes à son cou, attrapa un cheval à la sellerie et galopa vers son village. Il pleurait abondamment, geignant. Il avait abandonné la personne qui comptait le plus désormais à ses yeux. Il avait l'impression d'être devenu un monstre. Le château disparaissait derrière lui dans les méandres de la nuit. Un cri de désespoir résonna, rempli de la douleur et de la haine qu'un homme pouvait ressentir. Antoine décida qu'il ne partait pas pour toujours. Il allait demander de l'aide. Il reviendrait avant que tout ne soit fini, c'était sûr... Il allait trouver uns solution, il chercherait une potion magique chez l'apothicaire ou irait consulter un mage.... Il le fallait.

L'aube se levait lorsqu'Antoine arriva devant sa maison. Il ouvrit la porte en criant le nom de son père. Ce dernier accourut en bas et l'enlaça. Il pleurait de ces retrouvailles, jurant que plus jamais il ne laisserait quelqu'un faire du mal à son Toinou. Il l'informa des nouvelles du quartier. Antoine, bien qu'heureux de voir son père sain et sauf, craignait pour la rose. Il ne restait décidément pas beaucoup de pétales... Pas beaucoup de temps. Alors qu'il s'apprêtait à demander de l'aide à son père, ce dernier l'interrompit.

- J'ai informé Angèle qu'une bête horrible te retenait prisonnier.... Elle a juré qu'à la pleine lune, ils la tueraient ! Et tu es là ! Seigneur tu es là !
- La... Tuer, balbutia Antoine.
- Que t'a t-elle-fait ? Tu es blessé ? Oh mon pauvre enfant... Je suis si heureux de te retrouver.
- Père ! Ils vont la tuer, commençait à paniquer Antoine.
- Je... Heu... Oui. Angèle a beaucoup de pouvoir dans ce village, ça ferait une bonne femme pour toi. Et elle a réuni les hommes afin qu'ils aillent tuer la bête. Elle pense que tu te jetteras à ses pieds lorsqu'elle l'aura tuée. Lorsqu'elle serait venue te délivrer....
- Quand est la pleine lune, déglutit Antoine.
- Ce soir, mon enfant... Ce soir tu seras débarrassé de ce monstre qui t'a tant fait souffrir !
- Non je... Je ne veux pas... Il est gentil papa...
- Arrête de te mentir à toi même, Toinou....
- Je dois aller arrêter Angèle.

Antoine quitta sa maison brusquement, se hâtant pour aller à la rencontre d'Angèle. La revoir ne lui plaisait pas beaucoup à vrai dire. Mais peut être qu'elle serait persuadée qu'il n'y avait pas besoin de tuer Basile si elle le voyait en vie. Des cris, applaudissements et des paroles prononcées d'une vois fortes émanaient de la taverne. Antoine se pressa et y entra. Il découvrit Angèle debout sur une table, presque tous les hommes du village l'entourant. Elle clamait d'une voix forte

- A la mort de la bête, levons nos pintes !

Les hommes levèrent leurs verres à la santé de cette femme comme sortie tout droit d'un conte de fées. Antoine tenta de se frayer un passage à travers la foule discrètement. Mais on reconnut bien vite ses cheveux noirs et ses yeux bruns atypiques de ce village où la majorité avaient des cheveux blonds, roux ou bruns clairs.

- C'EST ANTOINE, IL EST LA, scanda le boulanger.

Angèle se stoppa net en apercevant le garçon. Elle le dévisagea, partagée entre l'incompréhension et la presque indifférence de son retour.

- Ainsi donc tu es de nouveau parmi nous, dit-elle en haussant le ton, descendant de la table pour se mettre au même niveau qu'Antoine. Nous nous préparions à aller tuer le monstre qui te maintenait enfermé, qui menace nos contrées et nos familles.
- Tu n'as pas de famille, souffla Antoine.

Chuchotement discret qu'Angèle fut seule à entendre et dont Antoine en récolta une claque sur la joue droite. Il sentait la marque de sa main picoter sur sa joue, la brûler doucement. C'en était presque satisfaisant. Il garderait la marque pendant quelques minutes, mais il s'en moquait.

- La bête n'est pas dangereuse, dit-il assez haut cette fois pour que tout le monde l'entende, et elle ne viendra pas ici tuer vos familles, vos amis... Elle est inoffensive.
- En es-tu sûr, fulmina Angèle qui remonta d'un geste vif le t-shirt de Antoine, découvrant son dos.

La balafre causée par la branche d'arbre lui avait laissé une cicatrice sur sa peau blême. Elle était assez longue et large pour qu'on puisse croire qu'elle provenait d'une griffure.

- Il nous ment ! Il veut que la bête nous tue tous, cria quelqu'un dans la foule alors qu'Antoine tentait tant bien que mal de remettre son t-shirt correctement.  
- Il faut la tuer !
- Que se passerait-il si la bête faisait cela à nos enfants ?!
- Calmez vous, cria Angèle aux habitants. Je vous ai promis la mort de ce monstre. Je tiendrai ma parole. Allez chercher vous armes, nous partirons à la nuit tombée. Quant à toi, dit elle plus bas à l'intention de Antoine, tu vas rester ici sagement pendant que nous irons tuer cette bête.

A ces mots, deux hommes attrapèrent le noiraud et le ligotèrent à une poutre de bois de la taverne. Antoine criait, suppliait. Angèle se plaça face à lui alors que tous les hommes venaient de quitter la taverne.

- Lorsque tout sera fini, lorsque cette bête à laquelle tu as l'air de tant tenir sera morte, alors ton père t'obligera à me demander en mariage. Madame Antoine. C'est charmant je trouve, pas toi?
- Angèle, je veux bien t'épouser, je ferai tout ce que tu voudras, mais par pitié, ne le tue pas... Ne le tue pas, répéta Antoine en écho, larmoyant.
- Tu m'épouseras que je le tue ou non.

A ces mots, elle déposa ses lèvres sur celles d'Antoine brusquement, avec empressement. Elle lui tenait le col, tenant de forcer le passage de ses lèvres que le noiraud s'obstinait à maintenir fermées. Elle se détacha du garçon, chuchotant au creux de sa nuque;

- Très bien, tu me résistes... Mais plus pour longtemps Toinou.

Puis elle partit d'une démarche confiante. Antoine resta là de longues heures à essayer de se dégager de ses cordes, en vain. Elles étaient beaucoup trop serrées pour qu'il puisse tenter quoi que ce soit. La nuit allait tomber, il entendit la foule passer dans le village. Puis un silence bien trop grand pour qu'il n'annonce rien de mauvais. Brusquement, la porte s'ouvrit. Le père d'Antoine venait de forcer la serrure et s'avançait vers son fils. Il coupa les cordes avec un couteau qu'il trouva près du comptoir.

- Fils, dit-il, j'ignore comment cela se fait que tu fais autant confiance à ce monstre. Mais fais ce qui est bon, coûte que coûte.

Antoine se redressa, en hochant la tête positivement. Il embrassa son père sur le front, se demandant si c'était la dernière fois qu'il le verrait... Il piqua un sprint jusqu'à son cheval, ne prêtant même pas attention à le seller, il démarra au galop à travers bois. En ce moment, il avait l'impression de ne pas arrêter de courir, d'être toujours obligé de fuir pour les gens qu'il aimait. Il n'avait toujours aucun moyen de savoir comment il allait pouvoir sauver Basile de la bête dont il était prisonnier, mais il trouverait. Pour le moment, il fallait qu'il lui sauve la vie, il fallait qu'il arrive avant les villageois. A cheval, c'était évidemment plus facile. Il passa par la forêt, évitant la route sur lesquels les paysans marchaient et arriva en premier au château. Il descendit de sa monture rapidement et entra à la volé dans le château.

- Antoine! S'enthousiasma Lumière.
- Ils arrivent, fit-il, essoufflé, les villageois veulent tuer Basile.
- Malheur, cria Big Ben.
- Réquisitionnez tout le monde, lança Lumière. Toi, Antoine, va trouver Basile. Il a besoin de toi. Depuis ton départ, la fleur se fane plus rapidement.

Il n'en fallut pas plus à Antoine pour démarrer au quart de tour. Il arpenta les couloirs, criant désespérément le nom de son ami. Il finit par arriver dans la pièce à la fleur. Il l'entraperçut, debout sur le balcon, contemplant les villageois armés de torches et d'armes en tout genres. Regardant ces hommes qui étaient venus pour le tuer, afin que l'histoire, encore une fois, ne se finisse en bain de sang.

- Basile, hurla Antoine, BASILE!!!

Il frappait de toutes ses forces contre la baie vitrée que Basile avait fermée derrière lui, le condamnant à la solitude. Antoine martelait contre ce carreau, il hurlait encore et encore le prénom de son ami qui lui était si cher... Son seul ami. Il pleurait, ne voulant pas abandonner si près de son but. Un pétale tomba. Il n'en resta qu'un. Antoine entendit les villageois huer la bête. Basile était plus vulnérable que jamais, debout sur son balcon de cette manière. Des habitants tentaient d'enfoncer la porte, d'autres lançaient leurs fourches en direction de celui qu'ils surnommaient Monstre, sans jamais l'atteindre. Antoine était à bout de forces, ses mains glissaient le long du carreau alors qu'il tombait lentement sur le sol. Sa voix était déformée par ses pleurs. Il essayait de se remettre debout. Il entendit en bas les grandes portes claquer, signe que les assaillants venaient d'entrer. Les voix résonnaient dans les couloirs. Basile était toujours debout dehors. Il attendait sa mort. Il attendait la fin de ce sortilège qui l'emprisonnerait à jamais dans ce corps de monstre. Il avait renoncé à s'accrocher à la vie. Antoine, lui, continuait à voir de l'espoir. Soudain, un éclat d'argent fendit le ciel, illuminé par la pleine lune. Comme au ralenti, Antoine vit une flèche se planter dans le ventre de son ami. Il hurla au désespoir, se redressa et commença à frapper encore plus fort la vitre Une flèche transperça soudainement la vitre qui se fendit. Antoine, aveuglé par la panique de perdre Basile, donna un grand coup d'épaule dans la vitre qui jaillit en milles éclats de verre, parsemant ses cheveux d'éclats d'argent. Il traversa la surface de verre brisée, marchant sur les éclats qui jonchaient le sol. Basile était allongé sur le carrelage de ce balcon, son corps avait perdu toute énergie, il sombrait lentement. Antoine tomba à genoux à côté de lui, se coupant avec les débris de verre. Il arracha le dessus de Basile, contemplant avec horreur la flèche qui était plantée au beau milieu de son immense abdomen. Il prit la tête de son ami et la posa sur ses genoux. Il retira rapidement les débris de verre coincés dans la fourrure de Basile. Puis Antoine se remit à pleurer. Il cria son nom jusqu'à s'en arracher les poumons, il lui chuchota de rester en vie. Il implora qu'il guérisse miraculeusement, qu'il respire à nouveau. Le cœur d'Antoine était meurtri.

- Basile... Ne meurs pas... Je t'en prie, ne me fais pas ça, murmura Antoine. Tu es mon ami, mon seul et unique ami. Tu n'as pas le droit, non tu n'as pas le droit de me faire ça

Des habitants entrèrent dans la pièce de la rose, menés par Angèle qui ricana. Le dernier pétale venait de tomber. Ils restèrent silencieux et immobiles suite au spectacle qui se déroulait devant leurs yeux avant qu'Angèle ne leur fasse signe de se retirer. Antoine tenait le monstre dans ses bras et pleurait. Il était mort.

Les villageois rebroussèrent chemin , laissant Antoine seul avec Basile. Le noiraud ne cessait de caresser la fourrure noire épaisse, trempée par ses larmes qui ruisselaient sur le visage de son ami. Il arrêta le mouvement continu de sa main pour poser son front contre celui de Basile. Il ferma ses yeux, les derniers mots qu'il avait lui-même prononcés tourbillonnant dans son esprit. Tout à coup, le corps de Basile fut pris de soubresauts, il toussait. Antoine releva sa tête et constata avec stupéfaction que ce n'était plus une bête, mais un humain dont la tête reposait sur ses jambes. Un visage blême aux cheveux noirs ébouriffés. Des traits d'apparence durs, que Antoine trouvait au contraire doux et rassurants. Il était légèrement recroquevillé sur les jambes d'Antoine, torse nu et nageant dans un pantalon beaucoup trop grand. Les yeux de Basile  s'ouvrirent. C'était les mêmes yeux noisettes auxquels Antoine avait été habitués durant son séjour au château. Ces yeux noisettes qu'il trouvaient si charmants et attentionnés.

- Toine, mais qu'est ce que....
- Oh mon dieu, Basile, se remit à pleurer ce dernier, enlaçant dans ses bras son ami qui avait repris une apparence humaine.

Ils finirent par se redresser et regarder par dessus le balcon le miracle qui était en train de se produire. Les objets qui enfermaient le personnel de Basile venaient de reprendre leur apparence humaine. Les villageois s'étaient enfuis et tout le monde s'enlaçait en bas, hurlant qu'ils étaient sauvés, que la malédiction avait été levée.

- C'est de la magie, murmura Antoine.
- C'est grâce à toi.
- Comment ça ?
- J'ai été transformé ainsi parce que personne ne voulait encore de moi tant mon égoïsme était grand. Tu as su montrer que il était également possible de m'apprécier. Tu as su montrer que je pouvais représenter quelque chose pour quelqu'un.

Basile glissa sa main dans celle d'Antoine et émit une légère pression sur cette dernière. Ils se sourirent tous deux avant de s'étreindre à nouveau. Le cœur de Antoine menaçait d'exploser de joie, dehors, la neige offrait à l'air glacé ses premiers flocons... Ils demeurèrent longtemps debout sur ce balcon, regardant les derniers villageois quitter le château avec empressement et admirant les domestiques redevenus humains chanter joyeusement. Antoine se sentait enfin à sa place, ici, dans ce château, dans les bras de Basile qui le serrait doucement contre lui, lui offrant une chaleur et un réconfort que personne avant ne lui avait donné.

THE END ~

___________________________________________________

~Make your life a fairy tale~



♥️ Membre des Floodeurs Sadiques, de la SheepArmy et des Tinkettes ♥️
◄ Friends ►
Only her ♥️
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hache
Le Roi des Haches
Zodiaque : Verseau
Messages : 1298
Pikadollar : 2146
Vos j'aimes : 57
Date d'inscription : 16/06/2014
Age : 20
Localisation : Dans un monde formidable se situant dans mes rêves juste à côté du monde de psychopathe se trouvant dans ma tête.
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 1 Oct - 20:12
C'est trop la mignonnitude par ici !
C'est inspiré de la belle et la bête, c'est vraiment chouette !
Cet happy end est tellement adorable !
Tout le texte est trop adorable en fait !

(Tu m'a bien fait rire d'oublier de le poster pendant 11 mois ! xD )

Bon, seul bémol de ton texte, ce sont les dialogue. J'ai eu parfois un peu de mal à voir quand il s'agissait du dialogue et quand ça ne l'était pas. ^^'

___________________________________________________


[center][i]One Shot : http://communautesadique.forumactif.fr/t6770-l-amour-donne-des-roues
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Floraly
Modératrice - La boîte à horreur
Zodiaque : Cancer
Messages : 1128
Pikadollar : 1823
Vos j'aimes : 167
Date d'inscription : 26/08/2015
Age : 20
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 3 Oct - 21:15
Héhéhé, aurais-je été la première à lire ce texte ?
Moui...
C'était le 05 février 2017 ?
Moui...

DAMN, ENFIN TU LE POSTES ! xD
Du coup, j'ai tout relu et j'ai pris des petites notes pour te faire un commentaire constructif au maximum ! J'ai essayé de prendre les bonnes, comme les mauvaises choses, au cas où tu voudrais retravailler un peu ton texte un jour ! =D

Let's go !
Alors, pour le début, je t'avoue que l'entrée en matière est brusque ! Personnellement, je n'ai pas été prise par les premières phrases, mais j'ai accroché plus tard. Peut-être qu'en ajoutant un petit côté "Il était une fois", caractéristique aux contes, tu nous plongerais plus rapidement dans l'univers et dans ton monde ? =D
En parlant d'accrocher, je t'avoue que certains paragraphes, notamment le premier, paraissent interminables ! Fais gaffe à ne pas les faire trop long pour ne pas essouffler ton lecteur ~

Ensuite ! J'adore ta mise en place des objets. Franchement, ça rend le texte ultra-vivant, c'est super frais ! Tu nous fais vraiment ressentir qu'ils sont partout, qu'ils guident Antoine, qu'ils l'apprécient... Et puis, tu réussis assez bien à les intégrer de façon naturelle. Enfin, je veux dire, Antoine est choqué de voir ces objets parler et on comprend bien son impression d'irréalisme, mais d'un autre côté, le temps d'acceptation n'est pas "lourd". Oui, tu nous fais comprendre que c'est étrange, mais tu réussis à vite faire en sorte que ça devienne naturel et ça passe crème ! Voilà voilà, bien joué pour ça ! =D

Oh, un truc qui m'a choqué ! D’OÙ MADAME SAMOVAR LUI FILE DU THÉ A LA MENTHE POUR LE PETIT DEJ ! C'EST INHUMAIN ! xD
Déjà que j'aime pas le thé à la menthe, alors le matin ! Le pauvre !
(Mon respect à tous ceux qui aiment le thé à la menthe. C'est bien. Mais respectez ce pauvre Toinou ! xD)

En parlant de respect du petit Antoine ! Il y a un truc qui m'a chiffonné durant ma lecture.
Il y a un contraste entre le Antoine fort du début, celui qui répond à Angèle, qui décide de rester pour sauver son père, et le Antoine qui semble tout frêle au château (j'ai l'impression qu'il pleure beaucoup...). Enfin, je ne dis pas que le fait qu'il pleure c'est mal. C'est une action pour transmettre des sentiments et c'est bien de ne pas toujours tout dire explicitement au lecteur. Donc oui, on comprend que d'être dans ce château est certainement traumatisant, qu'il est perdu, effrayé, mais je t'avoue que ça manque peut-être un petit peu de développement psychologique à mon goût. Peut-être que rajouter un peu plus des états d'âmes d'Antoine pour nous expliquer un peu plus ses crises de larmes pourrait atténuer un peu cette "double personnalité" du personnage qui a l'air un coup ultra cassant et un autre ultra faible... Développer un peu ses sentiments pourrait aussi permettre au lecteur de s'attacher davantage au personnage et d'avoir un meilleur aperçu sur le caractère que tu as sans doute voulu à la fois courageux, doux et fragile, mais qui n'est pas spécialement retranscrit autrement qu'avec la façon dont tu le décris directement du point de vue de Basile...
Bref, je ne sais pas si tu as compris, mais j'espère xD

Sinon, j'aime beaucoup les transitions que tu fais entre les "parties" implicites de ton OS. Je pense que c'est à ça qu'on peut dire que tu es une grande lectrice. Tu articules très bien ton histoires grâce à ces transitions qui tantôt nous donnent un indice intrigant sur ce qui va suivre, tantôt amène habilement la suite par un parallèle qui sonne comme un jeu de mot ! C'est très réussi en tout cas !

Revenons-en à l'histoire ! J'aimerais m'arrêter le récit de la transformation de Basile. Je t'avoue qu'il ne me plaît pas trop, pour trois principales raisons.
1. Je ne comprends pas vraiment pourquoi la fée/sorcière l'a renvoyé au château. Était-elle prise de compassion ? Pourtant, il ne l'a pas aidé, elle cherche à le punir ! Pourtant, elle le renvoie quand même à son château dont il vient d'être implicitement chassé et elle le remet au pouvoir, avec à nouveau des serviteurs à ses petits soins... Étrange punition, non ?
2. Pourquoi a-t-elle transformé les serviteurs également ? Les pauvres, ils n'avaient rien fait, et ils étaient loin à ce moment-là ! Dans le conte de base, il me semble que c'est parce qu'ils étaient aussi superficiels que leur souverain. Pourquoi n'avoir pas repris cette version-là ? ;D
3. Si on y pense, c'est quand même cruel ! Le gosse vient de voir ses parents mourir devant ses yeux, il est traumatisé car on peut le tuer à tout moment, il court dans les bois, et là, une vieille femme apparaît et lui demande de l'aide, il refuse. Franchement, il n'a pas des circonstances atténuantes un peu, quand même ? xD Présenté comme tu l'as fait, ça semble un peu dérisoire !

Oh, oui ! Et après avoir raconté tout ça, Basile le chasse du château (mon cœur se brise T_T), et quand Antoine s'en va, il se sent comme un monstre d'avoir abandonné Basile ! C'est marrant d'utiliser la comparaison avec un monstre, alors qu'en réalité, le vrai monstre c'est sensé être Basile. Je ferais bien une réflexion philosophique là-dessus, mais je vais garder ça pour ma prochaine insomnie, si tu permets ! xD

Ensuite, la vie se passe, quelques petits trucs minimes, du genre :
Mlle Stakes a écrit:
- J'ai informé Angèle qu'une bête horrible te retenait prisonnier.... Elle a juré qu'à la pleine lune, ils la tueraient ! Et tu es là ! Seigneur tu es là !
- La... Tuer, balbutia Antoine.
- Que t'a t-elle-fait ? Tu es blessé ? Oh mon pauvre enfant... Je suis si heureux de te retrouver.
- Père ! Ils vont la tuer, commençait à paniquer Antoine.
Pourquoi Antoine genre-t-il Basile au féminin ? La première fois, ok, c'est sous le choc, mais j'aurais trouvé stylé et subtil de mettre du masculin à sa deuxième réplique. Montrer son attachement, qu'il le connaît. Avant, la bête est le monstre dont son père parle. Après, une fois que le cheminement de pensé a été fait et qu'Antoine comprend le réel enjeu de ce qu'à dit son père, il se rend compte que c'est son ami qui va mourir !
Enfin, c'est un détail, mais je t'avoue que j'y ai pensé en lisant ^^

Et finalement, Mista. Finalement...
J'AVAIS OUBLIE LA CRUAUTÉ DE CETTE FOUTUE VITRE ! SAPERLIKKUHETE !
Ça rend le truc tellement plus dramatique, tellement... Antoine est coincé derrière cette vitre, et il peut rien faire, et il doit tout regarder, impuissant, je... TU VEUX ME BRISER LE CŒUR ! HEUREUSEMENT QUE JE CONNAISSAIS LA FIN !
Excuse-moi, trop d'émotions ! xD

Sinon, je t'avoue que j'aime bien ta fin "pas vraiment yaoi". Même si ce texte aurait du en être un à la base, je le trouve vraiment mieux comme ça. Tu ne développes pas de sentiments amoureux entre tes personnages, juste un lien fort et une grande amitié, et franchement, je trouve ça aussi très bien adapté à ce conte. Il n'y a pas que l'amour romantique qui compte, mais l'amitié peut également être très importante et ton texte le transmet bien ! =D

Enfin bref, Mlle Stakes !
Merci beaucoup pour cette histoire ! Je me souviens l'avoir beaucoup attendue à l'époque et c'était vraiment un plaisir de pouvoir la relire !
J'ai dit un peu tout ce qui m'est passé par la tête en lisant, tu peux en faire ce que tu veux ! Ne m'en veux pas si mon commentaire ressemble plus à une critique, j'ai trop l'habitude de passer les textes de Nyal et Sohu au peigne fin ! xD

Sur ce, ma chère Mlle Stakes, il me reste à te dire que je t'aime très fort et à prier pour que tu te remettes à l'écriture tout bientôt ! (Il y a des contes de fée Haikyuu qui attendent ;P)

Bye ~

Flo'

___________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
TheCommunautéSadique :: Petit coin des écrivains :: Vos One-Shots-
Sauter vers: